Permis de tuer : six Palestiniens assassinés par les forces israéliennes en moins de deux semaines

par Palestine News Network

Palestine GrafitiesMercredi 23 janvier, pendant que les médias se concentraient sur l’issue de l’élection israélienne, les choses suivaient leur cours habituel dans les territoires occupés de Palestine. Deux Palestiniens étaient tués par les forces israéliennes, amenant à 6 le nombre de jeunes Palestiniens assassinés par l’armée israélienne rien que pendant la dernière quinzaine. On n’a quasiment pas parlé de ces morts dans les médias irlandais et les exactions israéliennes se poursuivent sans désemparer. Le gouvernement israélien et son armée continue de tuer, d’estropier,de détruire des vies et d’empêcher les Palestiniens de gagner leur vie en toute impunité, sans que la Communauté internationale ne s’en émeuve, comme l’a constaté dernièrement Ireland Palestine Solidarity Campaign.

Mercredi 23 janvier 2013, Lubna Munir Hanash, une jeune femme palestinienne de 22 ans, a reçu une balle dans la tête et est morte de ses blessures. Des témoins ont raconté à un média palestinien que des colons qui passaient en voiture ont ouvert le feu sur un groupe de gens près du camp de réfugiés d’Arroub entre Bethlehem et Hébron. Hanash, une étudiante de quatrième année de l’Université d’Al-Quds, rendait visite à sa sœur dans le camp.

Plus tôt le même jour, Salih al-Amarin, un adolescent palestinien de 15 ans, est mort à l’hôpital de blessures par balles. Un soldat israélien lui avait tiré une balle dans la tête le vendredi précédent à Bethlehem et il est mort tragiquement de ses blessures.

Quatre autres jeunes Palestiniens ont été tués pendant les deux semaines précédentes, deux à Gaza et deux en Cisjordanie.

Le 11 janvier, Anwar Mamlouk qui était âgé de 22 ans, a été tué par des soldats israéliens à l’extérieur d’un camp de réfugiés à Gaza. Mustafa Jarad, un fermier de 21 ans de Beit Lahiya au nord de la bande de Gaza, a reçu une balle dans le front tirée par un sniper israélien pendant qu’il travaillait sur sa terre à 1200 mètres de la frontière. Les docteurs ont essayé d’extraire la balle qui avait pénétré dans son cerveau mais il est mort pendant l’opération.

Le 12 janvier, Odai al-Darawish, 21 ans a reçu une balle qui l’a tué sur le coup. Bien que les sources israéliennes affirment qu’ils lui ont tiré dans les jambes selon leurs “règles d’engagement”, les rapports médicaux montrent qu’il a reçu une balle dans le dos, sans doute en courant se mettre à l’abri. Samir Awad, un jeune de 17 ans de Budus, un village près de Ramallah fameux pour sa résistance non violente à l’occupation, a reçu des balles dans la tête, le torse et la jambe en essayant d’échapper aux soldats israéliens le 14 janvier. Samir venait de passer le dernier examen qui le séparait des vacances et il avait rejoint un groupe d’amis pour manifester contre le mur d’apartheid illégal israélien.

Le mur, qui traverse et annexe la terre palestinienne a causé à la famille Awad la perte de deux hectares de terre et de 3000 oliviers. Le mur n’est qu’un moyen de plus pour Israël de dépouiller les Palestiniens et la Cour Internationale de Justice (CCI) a décrété en 2004 que le mur était illégal : “la construction du mur élevé par Israël, la puissance occupante dans les Territoires Occupés de Palestine, y compris dans et autour de Jérusalem, et tout ce que ce mur engendre, sont contraires au droit international.”

Quand il arrive aux médias irlandais et/ou occidentaux de rapporter de tels évènements, la plupart de temps, ils se contentent de reprendre la version israélienne sans remettre en question un discours dans lequel le terme “règles de l’engagement” sert à dissimuler le fait que des jeunes Palestiniens sont morts d’une balle dans le dos, et où les euphémismes “territoire interdit” et “infiltrés” permettent de rendre les victimes responsables de ces crimes perpétrés de sang froid.

Il faut mentionner ici des faits qui n’ont pas été suffisamment couverts par nos médias. Depuis l’annonce d’un cessez-le-feu à Gaza, sous l’égide égyptienne, après l’attaque israélienne de novembre dernier, Israël n’a pas cessé de violer les termes de l’accord. Pendant les deux mois derniers, 4 Palestiniens ont été tués par l’armée israélienne à Gaza, et 77 ont été blessés dont 16 enfants. Il y a eu 5 incursions militaires, des tirs réguliers à partir des postes de frontière vers la bande côtière et de nombreux attaques de pécheurs palestiniens par la marine israélienne. De plus, le blocus imposé par Israël à Gaza ne s’est pas relâché et Israël a créé illégalement des “zones tampons” le long de la frontière en terre palestinienne et empêche les fermiers d’aller cultiver leurs terres. Les combattants palestiniens, quant à eux, ont respecté les termes du cessez-le-feu.

Pendant la même période, les Palestiniens de Cisjordanie et de Jérusalem Est ont été confrontés à la violence et la répression continuelles des colons et de l’armée israélienne. 6 personnes dont 3 enfants ont été tuées; 79 blessées dont 18 enfants; il y a eu plus de 530 incursions de l’armée et environ 30 attaques de colons contre des personnes et des biens; plus de 2100 oliviers ont été arrachés, détruits ou endommagés; un projet de construction d’environ 9000 logements illégaux a été annoncé; et à Gaza, en Cisjordanie et dans Jérusalem Est plus de 440 Palestiniens ont été arrêtées, dont près de 70 enfants, ainsi que 6 militants des droits humains israéliens et internationaux.

Il est donc clair que quelque soit l’issue de l’élection israélienne, il y aura peu de changement pour les Palestiniens de la région –qu’ils habitent en Palestine Occupée ou en Israël. Israël se vante d’être la “seule démocratie du Moyen Orient” et on l’en félicite souvent sans restriction en dépit des grosses lacunes de la démocratie israélienne, mais la vérité c’est que les Palestiniens sont soumis à une discrimination systématique et à l’apartheid et sont persécutés et humiliés tous les jours de mille manières différentes par les Israéliens.

L’ambassadeur israélien en Irlande, Boaz Modai, a défendu récemment l’utilisation d’un liquide à l’odeur nauséabonde issu de la mouffette contre des militants palestiniens, israéliens et internationaux désarmés. Il a déclaré que “à la différence des dictatures du Moyen-Orient qui tirent à balle réelle sur les manifestants, Israël s’efforce toujours d’utiliser la force minimale pour maintenir l’ordre”. Mais en réalité les manifestants pacifiques ont régulièrement affaire non seulement à la bête puante mais aux balles réelles, aux balles en caoutchouc recouvertes d’acier, aux gaz lacrymogènes, aux grenades assourdissantes et aux matraques. De plus, il n’est pas nécessaire de participer à une manifestation pour que l’armée vous tire dessus à balle réelle. Etre palestinien semble être un délit suffisant pour recevoir une balle dans la rue comme c’est arrivé à Lubna Hnesh.

Pour consulter l’original : cliquez sur ce lien.

Traduction: Dominique Muselet

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