J’ai peur de Manuel Valls

J’ai peur de Manuel Valls

Par Jean Ortiz

Combustion allumette carboneLe ministre dieudonéphobe de l’Intérieur sonne faux. Droit dans ses bottes, Manuel Valls est dans la posture (l’imposture ?), avec sa « loi d’exception », alors que l’arsenal juridique existant permet de poursuivre le racisme et l’antisémitisme. En malin matamore, le ministre alimente « l’affaire Dieudonné » pour se donner une stature de « présidentiable », en jouant avec de la dynamite. Peu importent les explosions présentes et à venir, pourvu qu’il apparaisse comme « homme d’ordre », de fermeté, de « combat politique », défendant « la France » et le système. Ses conseillers en « comm » méritent du sarkozysme et de « l’excellence libérale ».

A ce jeu machiavélique les partisans du « comique » antisémite vont se multiplier et se radicaliser. Mais qu’ importe : tout fait ventre pour faire diversion, et « Normal premier » doit s’en réjouir. Enfin un leurre efficace, un répit sur le chômage, les retraites, les salaires, la TVA, la fiscalité, les services publics, la Centre Afrique… Et tant pis pour « la gueuse », la République et les dangers qui guettent notre déjà maigre démocratie. Le Front national à nos portes ? Quel formidable repoussoir !!

Ça pue les années 1930, à la différence près que l’on ne sait où se situeraient tel ou tel, bien que…

J’ai peur lorsque de pâles politiciens impeccablement cravatés jouent des personnages de composition à des fins carriéristes. L’histoire est pleine d’exemples de « petits messieurs » qui pour devenir « grands » ont piétiné les libertés, la démocratie, la justice, embastillé les syndicalistes, les opposants…

Ça commence par la stigmatisation des Roms, ça continue par l’instrumentalisation de Dieudonné, et ça peut finir par la répression contre le mouvement social, les militants de gauche, les communistes, et l’instauration d’un « régime d’ordre ». Les capitalistes en redemandent. L’histoire peut se répéter en grimaçant. Bénis soient les profits. Ils y trouvent toujours leurs comptes.

Alimentée par les propos haineux, insupportables, de l’ex bouffon et les réactions « anti-système » nées de la crise sans rivages, du rejet du cirque politique, des magouilles, du si commode « tous pourris », la vague Dieudonné monte, monte… (attisée par une « coalition » contre-nature). Qui sert-elle ? Qui a intérêt à l’alimenter ? Des milliers de jeunes s’y trompent de colère. Manuel Valls s’en réjouit-il ? Il me fait vraiment peur. J’ai peur des pompiers pyromanes.

Jean Ortiz

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