Mandela: instrumentalisation capitaliste et morale du clinquant.

Par Camille Loty Malebranche
mandelaLe clinquant, l’ostensible sont rarement solidaires de la morale en général et en morale politique, ils procèdent forcément de la volition d’hypnotiser les foules par l’idéologie. La péroraison prolifique et polluante de bave humaniste dans un monde inhumain, par ceux-là mêmes qui profitent des biens  mal acquis, volés aux peuples, à coups de violence, d’esclavagisme et de génocides par le colonialisme ancien et nouveau, est une prestidigitation pour tromper la conscience collective.
Les hommages des dirigeants occidentaux et grands détenteurs du capitalisme à Mandela auront encore une fois montré la face de fausseté de la morale des establishments cossus, maîtres de l’idéologie officielle et de leurs représentants. Car ceux qui gardent le monde dans la misère par une économie de paupérisation, ceux qui – par leur politique financière via des institutions comme la réserve fédérale, le FMI, la banque mondiale, de puissantes banques privées et certaines ONG impérialistes – condamnent la majorité humaine à une ghettoïsation économique et sociale, sont précisément ceux qui ont le plus vanté les mérites du héros de l’antiapartheid. La frime aura donc été portée à son paroxysme, telle cette poignée de main d’Obama à Raùl Castro, qui n’est pas sans rappeler les festives accolades de Sarkozy étreignant Kadhafi avant de déclencher les évènements qui le tueront quelques années plus tard.
Mandela, statufié après avoir été diminué et neutralisé.
L’idéologie n’est définitivement rien de plus qu’un cinoche de singes faisant le pitre pour manipuler de plus grimaçants qu’eux. Le verbiage sur l’héroïsme de Mandela nous dévoile la savante et diabolique méthode de mise en scène par les forces oppressives capitalistes et racistes qui consistent à tout gagner dans le temps par un behaviorisme froidement planifié.
De fait, de quoi parle l’occident quand il se félicite de la politique de réconciliation de Mandela, réconciliation avec l’establishment ex ségrégationniste, qui constitue le seul critère du satisfecit d’héroïsme que lui décerne l’occident?
On nous présente un Mandela septuagénaire sorti de prison où il fut malade de tuberculose et donc très affaibli, triplement diminué, épuisé par la vieillesse, la prison et la maladie, sans l’énergie nécessaire pour mener une révolution avec le rude combat des forces capitalistes contrôlant les institutions politiques et économiques de l’Afrique du Sud. À cela, il faut aussi ajouter l’opportunisme de certains membres de l’Anc attendant de jouir leur part de pouvoir dans une perspective de cooptation faisant l’affaire de quelques têtes sans changement véritable des fondements du paysage socioéconomique, les nouveaux riches noirs, se contentant de leur enrichissement personnel. Les pressions sur les tenants de l’apartheid formel par les puissances du capitalisme occidental elles-mêmes racistes et esclavagistes, néocolonialistes tout au long de l’histoire, porteuses partout des pires apartheids avoués ou voilés à travers le dernier demi millénaire, tiennent de la fameuse manigance « du changer tout pour que rien ne change », exactement comme j’aime à le dire, on change de masque pour ne pas changer de visage, on change d’habit pour ne pas changer de corps.
C’est donc un Mandela terriblement affaibli par l’âge, la prison, la maladie qui, sans être laxiste a comme été obligé à une sorte de reddition là où tout appelait à la révolution. La prise du pouvoir par le vieux combattant révolutionnaire miné des méthodes d’éreintement et de vieillissement de sa personne par l’occident qui a dû prôner une réconciliation où les masses paupérisées par les tenants de l’apartheid n’allaient connaître aucune réparation astreints à accepter le symbole des noirs nouveaux riches par cooptation. C’est donc à l’encontre d’une libération effective une pseudo-liberté par procuration et représentation ethnique qu’ont reçue les opprimés constatant l’avènement des hommes de leur couleur au pouvoir politique sans transformation de l’ordre de grande injustice sociale qu’ils subissent depuis toujours.
Encore une fois l’abominable salive des baveurs de la propagande a sévi pour instiller l’illusion d’une face humaine des monstres du grand capital pour qui, seules prime l’accumulation avec ses incidences fatales de paupérisation, d’apartheid des écrasantes majorités sur une planète où les origines et les latitudes ciblées par les exterminateurs de l’humanité, constituent des mondes ségrégués, des ghettos inavouables que tous feignent d’ignorer.
Quant à Mandela, homme du combat de la libération que nous saluons, il aura été freiné, broyé par la prison et la maladie qu’il y a subie, amoindri par l’âge où il put enfin sortir de geôle, puis statufié pour être un réconciliateur abandonnant les revendications et la révolution, étant cyniquement placé devant l’une des deux sinistres alternatives, la réconciliation ou la bataille révolutionnaire de la justice sociale dont il n’avait plus les forces mentales et physiques. Hélas! les monstres de l’apartheid et leur suppôts internationaux qui les avaient soutenus jusqu’au moment qu’ils on jugé bon de transformer l’apartheid formel en pseudo-démocratie, gardent les privilèges et biens thésaurisés pendant le colonialisme puis l’ordre ségrégationnel et donc ont raison de se gargariser des bienfaits d’une réconciliation qu’ils imposée sans en avoir l’air…
Le grand homme que nous reconnaissons en Mandela n’est certainement pas celui que chantent les hypocrites prédateurs de la finance et du grand capital. Que les opprimés au combat de leur libération prennent garde aux critères de l’héroïsme qui viennent des tenants de l’ordre injuste du monde! Car l’héroïsme plébiscité par les oppresseurs n’aura jamais comme critères que des pièges idéologiques pour chambarder l’énergie révolutionnaire des opprimés auxquels les prédateurs réactionnaires du pouvoir socioéconomique, substituent la nique de la réconciliation sans réparation, l’ironie de la non violence sans justice, l’autoflagellation des torturés de l’histoire, condamnés à prendre sur eux pour être conformes aux valeurs de leurs bourreaux accoutrés en humanistes et s’érigeant moralisateurs planétaire.

Mandela a vite été statufié par un système immonde et hypocrite qui savait bien que le pouvoir politique à un septuagénaire malade honoré du prix nobel de la paix, loué pour son sens de la réconciliation, réduirait le grand révolutionnaire d’avant la prison au stade, pour ainsi dire, de statue qui, comme toute statue, resterait figé dans sa nouvelle stature de réconciliateur clément d’un pardon sans condition ni exigence de vraie réparation.

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

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