Le défi lancé par la Suède concernant la reconnaissance de la Palestine: perspectives

Nicolas Boeglin (*)

FlagPalestineAlors que 800 personnalités israéliennes demandent cette semaine à ce que la Palestine soit reconnue comme État (voir note de presse) aux parlementaires de plusieurs États européens, le débat sur la Palestine en Europe continue de s´intensifier, notamment en Belgique et au Danemark, après l´avoir fait au Royaume Uni, en Espagne et en France. Il faut se rappeler que cet intérêt récent en Europe pour la Palestine trouve ses racines dans l´annonce faite quelques semaines avant de prendre leurs fonctions des nouvelles autorités suédoises élues en septembre 2014 (voir note du 3/10/2014 du Times of Israel).

Comme annoncé, le 30 octobre 2014, la Suède a procédé de façon unilatérale à reconnaître officiellement la Palestine comme Etat. Israël a répondu à ce geste avec un discours bien connu chaque fois qu´un État reconnaît la Palestine : il fut entendu de la part de l´ambassadeur d´Israël au Costa Rica au mois de février 2008 (Note 1), de la part de son collègue nommé à Buenos Aires en décembre 2010 qualifiant la décision de reconnaître la Palestine comme “una declaración decepcionante que va contra el espíritu de los acuerdos entre “Israel y los palestinos, y contra las negociaciones de paz” (voir note de presse); ou encore de la part de son collègue nommé dans la capitale guatémaltèque au mois d´avril 2013. Dans le cas de la Suède, Tel-Aviv a de surcroît considéré utile de faire référence à la simplicité des manuels d´Ikea (rappelant l’allusion toute aussi utile à la défaite soufferte par le Brésil 7-1 durant la dernière Coupe du Monde, lors du rappel de l´ambassadeur du Brésil en Israël par les autorités de Brasilia en pleine offensive israélienne à Gaza de juillet dernier). Nonobstant, dans le cas suédois, Tel-Aviv a décidé de rappeler son ambassadeur en Suède le même jour du 30 octobre. Ce détail avec la Suède se doit sans doute au fait qu´il s´agit du premier Etat de l´Union Européenne (UE) à reconnaître la Palestine depuis plusieurs décennies.

Une UE divisée:

Il semble utile de rappeler l´attitude de l´UE lors du vote, au mois de novembre 2012, de la résolution reconnaissant à la Palestine le statut d´ « État Non Membre Observateur » par l´Assemblée Générale des Nations Unies. Cette dernière adopta par 138 votes en faveur, 9 contre et 41 abstentions, le projet de résolution A/67/L.28 proposé par 60 États. Parmi ces derniers ne figurait aucun des 27 membres de l´UE (alors que de la part de l´Amérique Latine en étaient signataires l´Argentine, la Bolivie, le Brésil, le Chili, Cuba, l´Équateur, le Nicaragua, le Pérou, l´Uruguay et le Venezuela). A l´heure du vote, l´apparente cohésion européenne s´estompa : en faveur votèrent l´Autriche, la Belgique, Chypre, le Danemark, l´Espagne, la France, la Finlande, la Grèce, l´Irlande, l´Italie, le Luxembourg, Malte, le Portugal et la Suède. On notera le vote pour de la Suisse, qui est comme on le sait, État non-membre de l´UE.

Les membres restants de l´UE se retrouvèrent parmi les abstentions, à l´exception de la République Tchèque, qui considéra opportun de voter contre (conjointement avec le Canada, les Etats Unis, les Iles Marshall, Israël, la Micronésie, Nauru, Palau et le Panama): un groupe d´États formant selon la presse internationale une bien singulière « coalition » (Note 2), dans laquelle le Panama se retrouva isolé par rapport au reste de l´Amérique Latine. On doit se rappeler que son Président, Ricardo Martinelli, avait reçu en 2011 le prix décerné par l´American Jewish Congress (AJC), “Light unto The Nations” (voir communiqué de presse). Ce même prix fut décerné les années antérieures aux Présidents William Clinton des Etats-Unis (2005), Nicolas Sarkozy de la France en 2007, Alvaro Uribe de la Colombie également en 2007 et à Angela Merkel (Allemagne) en 2010. L´abstention de l´Allemagne (une bien mauvaise surprise pour la diplomatie israélienne) lors du vote de novembre 2012 jeta un froid extrêmement vif entre les deux États, comme le précise cette note fort intéressante de Der Spiegel.

Une autre note du Washington Post du 29/11/2012 tout aussi intéressante fait quant à elle référence à une bien étrange proposition provenant de la diplomatie britannique, que nous nous permettons de reproduire dans sa version originale: The U.K. suggested that it might vote “yes” if the Palestinian Authority offered assurances that it wouldn’t pursue charges in the International Criminal Court. Comme on le sait, Israël et son fidèle allié étasunien ont toujours été extrêmement sensibles sur cette question : le dépôt par la Palestine le 21 janvier 2009 d´une déclaration d´acceptation de la juridiction de la Cour Pénale Internationale (CPI) fut considéré par le service juridique de l´armée israélienne comme une nouvelle forme de terrorisme : le « terrorisme légal » (Note 3). Moins connue, une dépêche confidentielle rendue publique par Wikileaks de l´Ambassade des États-Unis à Tel-Aviv en date du 23/02/2010 (voir  texte complet ) exprime la crainte extrême que représente pour Israël la CPI: Libman noted that the ICC was the most dangerous issue for Israel and wondered whether the U.S. could simply state publicly its position that the ICC has no jurisdiction over Israel regarding the Gaza operation. Moins confidentiel, un article récent publié aux États-Unis (intitulé: US is ‘absolutely adamant’ that Palestine not go to ICC and wreck the peace process — Power) précise que pour la représentante actuelle de l´administration Obama aux Nations Unies à New York : The ICC is of course something that we have been absolutely adamant about. Secretary Kerry has made it very, very clear to the Palestinians, as has the President. I mean, this is something that really poses a profound threat to Israel” (sic). Affirmer publiquement (comme le fait l´ambassadeur Samantha Power), qu´une cour telle que la CPI (juridiction internationale chargée de juger pénalement des responsables de crimes de guerre, de crimes contre l´humanité et d´actes de génocide) constitue une menace réelle pour un État doit sans nulle doute constituer une véritable première dans l´histoire du droit international, que l´on se doit de relever. Certains y verront même une manifestation s´apparentant à un aveu.

A noter qu´en réponse à cette victoire diplomatique obtenue par la Palestine aux Nations-Unies le 29 Novembre 2012, le Premier Ministre israélien ordonna la poursuite de la politique de colonisation hors du territoire israélien, avec 3 000 logements nouveaux en Cisjordanie et notamment à Jérusalem Est (voir note de presse du 30 novembre 2014): une réaction qui fait partie d´une bien longue liste d´actes de ce type, et qui se vérifiera une nouvelle fois en 2014, à l´occasion cette fois de l´adhésion de la Palestine à divers traités universels en matière de droits de l´homme (Note 4). On notera que les 3 000 logements illégaux décidés fin 2012 donnèrent lieu à une véritable innovation technique au sein du Conseil de Sécurité des Nations Unies : le « véto  implicite » instauré par la délégation des États-Unis (Note 5).

La révision minutieuse sur l´état des relations de la Palestine avec les 28 États membres actuels de l´UE impose quelques nuances. A la Suède depuis le 30 octobre, il faut ajouter Malte et Chypre qui reconnaissent la Palestine comme État depuis 1988, ainsi que les États de l´ancien bloc socialiste aujourd’hui intégrés à l´UE et qui reconnaissent également la Palestine (depuis 1988) : la Bulgarie, la Hongrie, la Pologne, la République Tchèque et la Roumanie. Lors du vote de novembre 2012 aux Nations Unies, ces cinq États (ainsi que la Slovaquie et la Slovénie) optèrent pour l´abstention, à l´exception de la République Tchèque, dont la fidélité extrême aux États-Unis et à Israël obligea son délégué à voter contre: un exercice dont la consistance du point de vue juridique est sans doute sans précédent. Les propos tenus moins d´un an plus tard par l´actuel Président de la République Tchèque concernant l´emplacement souhaité de l´ambassade tchèque en Israël confirment que cette fidélité constitue en réalité une loyauté à toute épreuve (Note 6).

Le geste du Costa Rica :

La reconnaissance de la Palestine comme État par le Costa Rica date du mois de février 2008, et provoqua la surprise d´Israël et des États-Unis (voir dépêche confidentielle rendue publique para Wikileaks). Les indiscrétions d´autres câbles Wikileaks sont sans ambigüités à propos de la perception des responsables politiques à l´ambassade des États-Unis à San José transmises à leurs supérieurs à Washington quant à la position hardie – et difficilement réfutable – du Costa Rica : dans l´une d´elles (voir texte ) ont y lit qu´il s´agit d´a well-reasoned rationale for recognizing “State” of Palestine, taking into account Costa Rica´s yes vote on UN Resolution 181 and the GOCR (Government of Costa Rica) desire to give a strong show of support to Abbas, in the face of Hamas”. Ce geste audacieux du Costa Rica fut présenté de telle manière qu´il donna lieu à la reconnaissance de la Palestine par le reste de presque toute l´Amérique Latine quelques mois plus tard. Après le Costa Rica, firent de même le Venezuela (avril 2009), la République Dominicaine (juillet 2009), la Bolivie, le Brésil, l´Équateur et le Paraguay (décembre 2010), le Pérou et le Chili (janvier 2011), l´Argentine (février 2011), l´Uruguay (mars 2011), El Salvador et le Honduras (août 2011). A ces reconnaissances, il faut ajouter celles de Cuba et du Nicaragua (faites dès 1988). Les derniers États de la région à procéder de la sorte sont le Guatemala (avril 2013) et Haïti (septembre 2013). Seuls la Colombie, le Mexique et le Panama maintiennent leurs distances avec la Palestine actuellement: dans deux des trois cas, la proximité avec les États-Unis peut expliquer cette attitude.

A noter qu´à l´occasion de la dernière opération israélienne sur Gaza initiée en juillet 2014, plusieurs États latino-américains ont procédé à rappeler leurs ambassadeurs dès la fin du mois de juillet 2014 (Brésil, Chili, El Salvador, et Pérou). En outre, plusieurs chefs d´État (Equateur, Bolivie, Nicaragua, Uruguay et Venezuela) ont fermement condamné Israël, usant de qualificatifs tels que « acte de folie », « génocide », « massacre » (objets d´une étude récente publiée au Costa Rica). Alors que début août 2014, le bilan officiel donné par les Nations Unies était de 66 morts côté israélien (dont 63 militaires et trois civils) et de 1525 victimes mortelles côté palestinien (voir  rapport  officiel au 3 août 2014), le bilan un mois plus tard était de 71 morts israéliennes (incluant celles de 66 militaires et de quatre civils); et, côté palestinien, de 2 131 morts (1 531 correspondant à des civils, dont 501 enfants et 257 femmes) – voir rapport officiel au 4 septembre 2014.

Le défi posé par la Suède :

Les déclarations de la Ministre des Affaires Étrangères suédoise, Margot Wallström, expliquant les raisons pour procéder à la reconnaissance de la Palestine, ont été accompagnées par un communiqué officiel dans lequel la Suède a annoncé une augmentation significative de sa coopération avec la Palestine. Salué par les autorités palestiniennes comme un geste “courageux et historique”, cette initiative de la Suède a relancé le débat en Europe sur la question, y compris au Royaume-Uni : son Parlement a adopté le 13 octobre dernier une résolution exigeant au Pouvoir Exécutif de procéder à cette reconnaissance (avec 274 votes pour et 12 contre) après d´âpres débats (voir transcription des débats). Le Congrès espagnol a fait de même le 18 novembre, avec une écrasante majorité (319 votes pour, une abstention et deux votes contre) (Note 7). La France a vécu une expérience similaire ces derniers jours, avec un débat sur la reconnaissance de la Palestine qui débuta vendredi 28 novembre au sein de l´Assemblée Nationale (voir texte de la proposition de résolution 2387 déposée le 20 novembre 2014) et un vote survenu le 2 décembre: le résultat obtenu est de 339 votes en faveur, 151 contre et 16 abstentions (voir notre brève analyse publiée sur le site Derechoaldia). La Belgique s´apprête quant à elle à voter un texte durant ces prochains jours (voir projet de résolution déposé le 25 novembre 2014). L´onde expansive est telle que des parlementaires en Australie semblent vouloir également accompagner le mouvement en faveur de la reconnaissance de l´État palestinien (voir note récente de Haaretz), tandis que des commentateurs au Canada obtiennent des réponses officielles rappelant celles d´Israël (voir note de presse).

On notera que le résultat quasi unanime des exercices parlementaires au Royaume-Uni et en Espagne lance un message clair et univoque au Pouvoir Exécutif (et par la même occasion aux autorités israéliennes).

Il s´agit d´un mécanisme inusité pour procéder à la reconnaissance d´un État par un autre État, lequel constitue, comme on le sait bien, un acte juridique unilatéral que peut adopter tout Exécutif dans le cadre de ses compétences en matière de politique extérieure. Avec la Suède, on dénombre à l´heure actuelle 134 États reconnaissant officiellement la Palestine comme État, sans avoir eu nécessité de session parlementaire préalable quelconque. Comme tout acte juridique unilatéral, la forme que revêt l´acte de reconnaissance de la Palestine comme État est variable: il peut s´agir d´une longue déclaration officielle comme ce fut le cas du Brésil au mois de décembre 2010 (voir texte du communiqué officiel); ou bien d ´une déclaration plus courte, comme celle de l´Argentine au mois de décembre 2010 (voir texte du communiqué officiel); ou encore d´un texte plus modeste, comme celui de l´Uruguay du mois de mars 2011 (voir texte du communiqué officiel) ou encore celui de El Salvador d´août 2011 (voir texte du communiqué officiel) pour ne citer que quelques exemples.

Le caractère unanime des récents votes au Royaume Uni et en Espagne sur la question laissent entrevoir une marge de manœuvre extrêmement étroite pour un Exécutif  hésitant. On notera dans le cas espagnol la discrétion de la réaction israélienne, qui tranche avec la réaction virulente de l´ambassade d´Israël en Espagne suite à une modeste déclaration en signe de solidarité avec le peuple palestinien adoptée par le Parlement de la Galicie au mois de mai 2014 (Note 8). Quant aux déclarations de hauts responsables israéliens publiées dans la presse suite au geste de la Suède, elles laissent entrevoir leurs craintes concernant les effets de cette reconnaissance dans le reste de l´Europe. Ces craintes (fondées) rappellent précisément l´argument (tout aussi fondé) présenté par le Costa Rica en 2008, que nous pouvons apprécier en relisant le texte d´une conférence de son ancien Ministre des Affaires Étrangères, Bruno Stagno (2006-2010), prononcée lors d´une réunion des Nations Unies à Montevideo en 2011 :  “En 1947, le Costa Rica, ainsi que 12 autres pays d´Amérique Latine et des Caraïbes, approuva la résolution 181 (II) de l´ Assemblée Générale relative au Plan de Partage du Mandat Britannique en Palestine. A cette occasion, nous avons fait partie des 33 pays qui ont reconnu très tôt que la coexistence de deux Etats s´imposait comme la pire des solutions, à l´exception de toutes les autres. Depuis, nous avons vu défiler une tragédie derrière l´autre, incluant guerres et intifadas, assassinats et attentats, affectant sérieusement le droit à vivre sans peur des deux peuples. Parallèlement, et sans un calendrier saisonnier clair, nous avons vu naître des promesses et des espoirs de divers processus de paix, sans obtenir la récolte des dividendes de la paix. Une terre fertile pour les doubles discours, pour des intérêts extérieurs et pour une triste réitération d´évènements remettant à plus tard la réalisation du mandat accordé en 1947” (traduction libre du texte espagnol).

Conclusion :

Il y a cinq ans, le professeur Alain Bockel dans un article intitulé « Gaza : le processus de paix en question » publié dans l´Annuaire Français de Droit International analysait l´option des responsables israéliens définie comme «la gestion du pourrissement » à laquelle on assiste depuis plusieurs années : une option « empruntée par les gouvernements israéliens successifs depuis dix ans avec un bonheur relatif » et qui consiste, selon cet auteur, « à laisser les choses en l´état, en refusant en fait toute solution allant dans le sens de l´émergence d´un véritable État palestinien, tout en donnant l´apparence de la bonne volonté en se prêtant périodiquement au jeu de la négociation» (Note 9). C´est effectivement ce à quoi on a assisté durant toutes ces années, avec cependant une augmentation spectaculaire du nombre de logements israéliens illégaux en Palestine et à Jérusalem Est par rapport aux années précédentes (Note 10). Pour une avoir une idée des chiffres, une ONG israélienne dénombrait 13 851 nouveaux logements israéliens approuvés pendant la période allant d´août 2013 à mars 2014 en Cisjordanie et à Jérusalem Est (voir note de presse).

On remarquera que dès 1988, le même Annuaire incluait un article du professeur Jean Salmon qui concluait pour sa part que « reconnaître l´Etat palestinien n´est sans soute rien de plus que l´affirmation du droit du peuple palestinien à créer aussitôt que possible cet État, mais c´est surtout poser un acte de solidarité à l´égard du peuple palestinien et de volonté de respect du droit international » (Note 11).

Le défi lancé par la Suède a relancé de manière notoire le débat dans plusieurs États européens : durant ces derniers jours, la discussion en France sur la reconnaissance de la Palestine s´est considérablement intensifiée et elle s´est étendue à bien d´autres membres de l´Union Européenne, tels la Belgique, le Luxembourg, le Danemark pour ne citer que quelques pays. Cette discussion devrait tenir compte, parmi d´autres éléments, de la discrétion israélienne en ce qui concerne la décision du Congrès espagnol du 18 novembre. Elle devrait aussi prendre en compte l´absence de réaction significative israélienne au geste suédois: l´ambassadeur israélien rappelé par ses supérieurs le 30 octobre est de retour dans son bureau depuis le vendredi 28 novembre, selon une note de presse, en signe de « paix ». Ce retour s´est fait sans que l´on comprenne bien quel fut le geste hostile ou offensif de la Suède l´obligeant à quitter la capitale suédoise pour y revenir en « signe de paix ».

Notes :

Note 1 : La réaction israélienne à cette reconnaissance par le Costa Rica en février 2008 mérite d´être citée car elle réapparaîtra dans bien d´autres enceintes et discours officiels d´autres Etats et se lit ainsi. «Etablir des relations avec un Etat qui n´en est pas un compromet le développement d´accords définitifs entre Israéliens et Palestiniens, va à l´encontre de la Feuille de route, des activités du Quartette et d´autres efforts pour la paix. Ces agissements vont à l´encontre des accords, y compris ceux de la communauté internationale, et pourraient nuire aux efforts de paix entre les deux parties” (Traduction libre de l´auteur de : “Establecer relaciones con Estado que no existe compromete el desarrollo de los acuerdos definidos entre israelitas y palestinos, va en contra de la Hoja de Ruta, actividades del Cuarteto y otros esfuerzos para la paz. Estos acontecimientos van en contra de los acuerdos, incluso, de la comunidad internacional y, podrían dañar los esfuerzos para alcanzar la paz entre ambas partes” » (tiré de l´entrevue parue dans La Prensa Libre (Costa Rica) du 28/02/2008 d´ Ehud Eitam, ambassadeur d´Israël au Costa Rica).

Note 2 : Un article du Washington Post tente d´expliquer les motivations diverses de cette singulière « coalition » formée en novembre 2012 par 9 Etats, à savoir le Canada, les Etats Unis, les Iles Marshall, Israël, la Micronésie, Nauru, le Panama, Palau et la République Tchèque. La dite “coalition” semble avoir perdu quelque peu de sa vigueur dans la mesure où lors des différents votes réalisés ces jours-ci aux Nations Unies (novembre 2014) concernant six résolutions sur le Proche Orient et sur la Palestine, les seuls Etats à voter systématiquement contre sont les suivants: le Canada, les Etats Unis, les Iles Marshall, la Micronésie, Palau et Nauru (voir communiqué de presse des Nations Unies).

Note 3 : Cf. FERNANDEZ J., La politique juridique extérieure des Etats- Unis à l´égard de la Cour Pénale Internationales, Paris, Pedone, 2010, p. 325. Quelques déclarations du chef de la délégation étasunienne après la conférence de Rome de juillet 1998 sont également éclairantes: « En ce qui concerne Israël enfin, David Scheffer reconnut après Rome que la délégation américaine avait endossé la crainte d´Israël d´être victime d´accusations devant la future Cour en raison de sa politique dans les territoires occupés » (p. 172). On lira avec intérêt la tentative des Etats-Unis afin d´exclure de la définition de crimes de guerre  le « transfert par un Etat d´une partie de sa population dans un territoire qu´elle occupe » (pp. 171-172).

Note 4 : Suite à l´adhésion par la Palestine de sept instruments internationaux relatifs aux droits de l´homme au mois de mai 2014 (geste salué par le Haut-Commissariat aux Droits de l´Homme des Nations Unies au début du mois de mai 2014), Israël ordonna la construction de 620 nouveaux logements à Jérusalem Est le 19 mai 2014 (voir note de presse).

Note 5 : Dans une analyse du Professeur Weckel publiée dans le Bulletin Sentinelle de Janvier 2013, on lit que. « Le Conseil de sécurité a consacré une réunion informelle le 19 décembre 2012 aux mesures de relance massive de la colonisation prises par Israël. En quittant inopinément la salle, Madame Susan Rice, Ambassadrice des Etats-Unis, a fait obstacle à l’adoption d’une résolution ou, du moins, d’une déclaration présidentielle condamnant le comportement d’Israël. Néanmoins tous les autres 14 membres du Conseil ont fait des déclarations à la presse critiquant la reprise de la colonisation. Même si l’absence d’un membre permanent n’équivaut pas à un veto, ce départ de la représentante américaine a bloqué l’issue de la réunion. Seuls en face des autres membres du Conseil, les Etats-Unis ne voulaient se prononcer au sein de cet organe, ni pour une condamnation d’Israël, ni contre, ni même s’abstenir. Les autres membres n’ont visiblement pas l’intention de les laisser sur la touche et le résultat est bien là : le Conseil de sécurité est paralysé, comme l’est d’ailleurs aussi le Quatuor. Les Etats-Unis ont donc inventé le veto implicite sinon de poche au Conseil de sécurité ». Cf. WECKEL Ph., « Israël, les Etats-Unis inventent le veto implicite au Conseil de sécurité », Sentinelle SFDI, Numéro 329 (Janvier 2013), Disponible ici.

Note 6 : En octobre 2013, le Président tchèque  exprima sa volonté de transférer le siège de l’ambassade tchèque en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem (voir note de presse), provoquant l´indignation des autorités palestiniennes ainsi que celle de la Ligue des Etats Arabes (voir note de presse). On rappellera que le Président du Costa Rica Luis Alberto Monge procéda à transférer l´ambassade du Costa Rica de Tel-Aviv à Jérusalem le 8 mai 1982, en violations de plusieurs résolutions des Nations Unies, et obligeant l´Assemblée Générale à adopter des résolutions entre 1982 et 2005: voir tableaux de ces résolutions in STAGNO UGARTE B., Los caminos menos transitados. La administración Arias Sánchez y la redefinición de la política exterior de Costa Rica, 2006-2010, Heredia, Editorial UNA (EUNA), 2013, pp. 35-36. Le Costa Rica procéda à transférer son ambassade à Tel-Aviv en août 2006 (voir note de presse). A noter que depuis 1995, une loi aux Etats-Unis prévoit le transfert de l´ambassade des Etats Unis de Tel-Aviv à Jérusalem: voir étude publiée dans le bulletin Numéro 12 de l’Institut Pierre Renouvin, Université Panthéon-Sorbonne de Paris 1.

Note 7 : Cf. notre brève analyse, BOEGLIN N., «Congreso español « insta » a reconocimiento de Palestina”, publiée sur le site Derechoaldia.com, en date du 20/11/2014. Texte disponible ici.

Note 8 : A cette occasion, les diplomates israéliens ont considéré l´offense grave et n´ont pas douté à indiquer qu´ “avec cette exigence, le Parlement de la Galicie rejoint les pires et les plus extrémistes ennemis d´Israël ». On lit en effet que pour l´Ambassadeur d´Israël en Espagne, ”con esta exigencia, el Parlamento de Galicia se une a los peores y más extremistas enemigos de Israel” (voir note de presse).

Note 9 : Cf. BOCKEL A., « Gaza : le processus de paix en question », 55, AFDI (2009), pp. 173-187, p. 184.

Note 10 : Des tableaux comparatifs inclus dans ce rapport de l´ONG Israélienne Peace Now (voir les premières pages) compare le nombre de logements des gouvernements israéliens précédents par rapport à ceux autorisés par l´actuel Premier Ministre israélien.

Note 11 : Cf. SALMON J., « La proclamation de l´Etat palestinien », 34, AFDI (1988), pp. 37-62, p. 62.

(*) Professeur de Droit International Public, Faculté de Droit, Universidad de Costa Rica (UCR).

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