Pourquoi ? Pour vraiment rien

charlie-hebdoAlors que la poudre flotte encore et que l’acre odeur des balles mortelles tirées se dissipe, nous émergeons de ce cauchemar, encore sonnés. Ces massacres ne sont ni des dérapages, ni des actes isolés, mais des manifestations d’une bêtise sans pareille, d’une perversion de cerveaux rendus malades par la haine, d’un long cheminement personnel et manipulé vers une dérive ultime.

Le talent exceptionnel et irremplaçable a été mortellement touché, des hommes et des femmes parmi les meilleurs d’entre nous y ont laissé leur vie. Des policiers sont morts, des travailleurs sont morts, des gens simples et sans histoire sont morts. Une tragédie et un gâchis. Gâchis des disparus privés de leur propre vie et de tout ce qu’ils auraient encore fait et créé, laissant leurs parents, enfants, proches et amis les pleurer dans la désolation pour le reste de leur existence. Gâchis des criminels qui ont terminé leurs vies ratées par une apothéose sans aucun sens humain, plus que nulle, criminelle, minable.

Qu’espéraient-ils, ceux qui sont passé à l’acte avec des armes de guerre, comme si on pouvait effacer avec des rafales de fusil mitrailleur la pensée critique, faire taire les crayons, enfouir les paroles. Beaucoup de ceux qui ont été décimés ont été fauchés parce qu’ils étaient particulièrement brillants et que leurs vies étaient des phares qui éclairaient nos réflexions et notre attitude envers des choses essentielles, qui nous aidaient à réfléchir.

Au moment de mourir, les criminels ont-ils pensé que les pertes irremplaçables qu’ils nous ont infligées ne seraient pas remplacées par d’autres qui reprennent déjà le flambeau ? On ne peut pas tuer la pensée, on ne nous fera pas taire un seul instant, sur aucun sujet. La formidable mobilisation qui a suivi les événements est garante de cela.

Les semaines à venir aideront à déterminer les responsabilités et améliorer, si besoin était, les outils de lutte contre ces dérives. Mais l’œuvre de ceux qui sont morts sera encore là dans le patrimoine de la France pour témoigner des idées fortes qu’elle porte. Des idées si fortes qu’elles sont éternelles.

On a déjà presque oublié les noms de ces ignobles criminels, et on veut les chasser de notre mémoire, comme le cauchemar d’un mauvais rêve, hélas bien réel. Mais les noms de ceux qui sont morts à Charlie Hebdo resteront gravés dans nos cœurs à jamais.

Algarath

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