Human Rights Watch accuse les « bombes baril » syriennes d’avoir causé les destructions perpétrées par les Américains

Moon of Alabama

Human Rights Watch participe à une campagne sectaire de propagande anti-syrienne. Cette ONG monte toute une opération de propagande autour de l’idée que les «bombes baril»1, soi-disant utilisées par le gouvernement syrien, sont des armes inhumaines. J’attends toujours que Human Rights Watch dénonce avec la même véhémence l’utilisation aveugle des roquettes artisanales contre les civils par les djihadistes « rebelles modérés ».

Hier, Human Rights Watch a envoyé ce tweet:

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La Syrie a largué des bombes baril en dépit du fait qu’elles sont interdites.

Le tweet de HRW était accompagné de cette photo d’une ville détruite comme si elle avait un lien quelconque avec les «bombes baril » syriennes. Ce n’est pas le cas.

La photo en question a été publiée dans le New York Times le 13 Février 2015.

La légende du NYT disait:

La ville de Kobani à majorité kurde est dévastée après un siège de plusieurs mois par les forces islamistes et les frappes aériennes de la coalition menée par les États-Unis.

Et voilà les références de la photo « Bulent Kilic / Agence France-Presse – Getty Images ».

Ce sont à l’évidence des bombardements étasuniens massifs qui ont détruit la ville de Kobani. Les États-Unis ne larguent plus de « bombes baril » artisanales des avions et des hélicoptères. Mais ils ont bien fait un usage extensif de ces «bombes baril » au Vietnam.

Les «bombes baril » syriennes n’ont pas détruit la ville de Kobani. Elle a été détruite par les bombes des forces aériennes régulières américaines. Les dommages causés par des  » bombes baril » pourraient difficilement être pires. En réalité, les « bombes baril » larguées d’hélicoptères en vol stationnaire sont probablement beaucoup mieux ciblées et plus précises que les bombes non guidées larguées de jets en plein vol.

Le tweet de Human Rights Watch est frauduleux à un second titre. Il renvoie à un article du 24 février du NYT comme si cet article confirmait l’affirmation de HRW. Mais cet article de NYT n’est pas neutre. Le rapport dont parle cet article intitulé « La Syrie largue des bombes baril en dépit de leur interdiction, selon un rapport », est un rapport de HRW sur les « bombes baril » en Syrie. Le tweet de HRW renvoie en fait les lecteurs à son propre rapport comme s’il s’agissait d’un lien vers une source indépendante.

Il est extrêmement intéressant que Human Rights Watch éprouve le besoin d’utiliser une photo des destructions commises par les « bons » Etasuniens pour illustrer les destructions causées par la « méchante » armée syrienne dans sa lutte contre les djihadistes soutenus par les Etasuniens. L’image n’est évidemment pas la seule chose sur laquelle HRW se trompe.

Mise à jour:

Ce n’est pas la première fois que HRW utilise des photos du « mauvais » camp. En Octobre 2014, l’ONG a utilisé l’image d’une femme qui pleurait la mort des fédéralistes ukrainiens brûlés vifs par des hordes nazies à Odessa pour appeler à « prendre position contre les politiques répressives de Poutine ».

 

Traduction : Dominique Muselet

http://www.moonofalabama.org/2015/02/human-rights-watch-accuses-syria-of-barrel-bomb-damage-created-by-us-attacks.html#more

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Notes :
  1. Barils de TNT chargés de morceaux de métal []

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