Le rappel à l’histoire des Grecs à l’Allemagne

Nazi_GreeceRien de nouveau sous le soleil depuis La Fontaine. Avec les ennuis de la Grèce, cible d’une Allemagne intransigeante, une fable et sa chute bien connue nous reviennent en mémoire : « Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir ». Belle coïncidence d’ailleurs que la fable s’appelle les animaux malades de la peste, le titre pourrait s’appliquer d’une certaine façon et sans exagérer au monde d’aujourd’hui, en Europe notamment. La civilisation est censée nous permettre d’échapper à l’animalité au profit de l’humanisme, et la lutte incessante et implacable entre les peuples pour éviter le partage équitable des richesses est une peste qui fait mourir les plus faibles. Ses ravages sont aussi réels.

L’occupation de la Grèce par les Allemands pendant la deuxième guerre mondiale s’avère être une dure épreuve pour la population civile : plus de 300 000 personnes meurent de faim, des milliers d’autres des représailles des occupants, et l’économie du pays est ruinée. L’occupation de la Grèce a des effets désastreux sur l’économie du pays et anéantit la capacité de production du pays pour des années. On sait bien que si l’Allemagne est puissante, la Grèce est misérable. L’Allemagne joue un rôle majeur aujourd’hui dans la position implacable à l’égard de la Grèce d’exiger l’austérité, et en a pris le leadership. Elle a aussi contribué pendant la guerre à la détruire. Si le rappeler ne mènera pas à fléchir la position allemande, cela rétablira la vérité vis à vis de l’histoire et jette un pavé salutaire dans la cour de Merkel et Schaüble, qui ont aujourd’hui le beau rôle en Europe mais qui devraient aussi se souvenir du temps pas si lointain où l’Allemagne nazie ravageait ses voisins. Ce qu’ils ont fait avec la guerre au cours du dernier siècle ils le perpétuent dans un climat de paix militaire avec d’autres moyens apparemment pacifiques.

Le Premier ministre Tsipras a fait valoir cette «obligation morale et historique» lors de son discours de politique générale devant le Parlement. Il estime aujourd’hui juste de réclamer à l’Allemagne des indemnités de guerre, auxquelles elle a échappé à la fin de la Seconde guerre mondiale, ainsi que le remboursement du prêt imposé par les nazis à la Banque de Grèce, qui équivaudrait à 11 milliards d’euros aujourd’hui. Ces sommes dues selon lui représentent l’équivalent de la moitié de la dette grecque, soit prêt de 175 milliards d’euros. Évidemment l’Allemagne répond que ce sujet a été clos en 1990 avec le traité signé par les deux Allemagne et les alliés. La Grèce aurait ratifié, mais quelle Grèce, celle des oligarques qui ont profité de l’Europe ou le peuple démocrate grec qui est en droit de demander des comptes. Fin de non recevoir rapidement expédiée et ne souffrant pas selon les descendants des nazis d’alors la contestation.

À part cette remarque pendant le discours précité, autant justifiée que vouée à l’échec, Tsipras a clamé haut et fort que «La décision inébranlable du gouvernement est d’honorer toutes ses promesses, c’est une question d’honneur et de respect», rappelant la fidélité de Syriza à ses promesses de campagne.

Bref, on ne semble pas avoir progressé sur le contentieux grec avec l’Europe. Si le peuple grec rappelle l’histoire c’est qu’ils n’ont pas avalé l’absence de règlements financiers qui leur a été imposée et les a lésés d’une quelconque compensation. En l’absence d’une négociation qui exigera que les deux parties fassent des concessions, des arguments mis sur la table aujourd’hui n’iront vraisemblablement pas très loin. Il serait temps que les oligarques européens se préparent à parler sérieusement, et que l’Allemagne mette un peu d’eau dans son vin.

Algarath

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