Premières victoires de la Grèce, en France

Varoufakis-grece-1280Il n’a pas fallu attendre très longtemps, à peine quelques jours, pour constater avec plaisir et espoir une première victoire du nouveau gouvernement grec. L’Europe s’est fracturée, avec l’engagement très clair de la France d’appuyer la Grèce.

En dépit de l’insistance d’Angela Merkel de clamer haut et fort à plusieurs occasions la semaine dernière qu’il « n’y aura pas de renégociations », un schisme s’est ouvert au cœur même de l’Europe. La rencontre de Michel Sapin et Yanis Varoufakis s’est déroulée sur un ton considérablement plus amical que celui des jours précédents avec l’européen Dijsselbloem. « La France est plus que prête à aider la Grèce » ont été les mots du Ministre des Finances Français. Sapin a exprimé la nécessité « d’un nouveau contrat entre la Grèce et ses partenaires ».

Varoufakis va tenir des pourparlers dans les jours qui viennent à Londres et à Rome, et a annoncé dimanche qu’il allait se rendre à Berlin. Le gouvernement Allemand a été particulièrement furieux contre la position du nouveau gouvernement Grec de négocier sa dette, et a rejeté fermement la possibilité d’une annulation d’une partie de celle-ci. Varoufakis a insisté sur le fait que la Grèce compter payer sa dette, mais en négociant des termes allongés, et en le décidant avec des partenaires de négociation nouveaux. Il a clairement annoncé qu’il « ne valait pas la peine de discuter avec la soi-disant Troïka » des modalités négociées de remboursement de la dette. La France s’est proposée comme médiateur possible entre les Grecs et ses créditeurs, précisant qu’il « n’était pas question d’annuler en totalité la dette mais que la requête de la renégocier est parfaitement légitime ».

Pour Londres, le toutou à sa mémère et laquais aux ordres des Américains, la Grèce « menace l’économie mondiale ». Rien que ça. Tandis que la Grèce et la Russie se rapprochent, tous deux communistes et Orthodoxes, des similitudes qui joueront dans leurs politiques. Mathieu Pigasse prétend aussi diminuer la dette grecque de 100 milliards.

Peut-être Merkel devrait-elle se souvenir de la propre histoire de l’Allemagne. En 1953 une part importante de la dette de l’Allemagne fût annulée et les paiements du solde furent calculés et payables en fonction de la croissance. C’est ce que Syriza demande. Il faut sérieusement se demander si, en prônant une position délibérée de rupture qui affectera la cohésion Européenne, si tant est qu’il y en ait une, l’Allemagne n’est pas prête à reconsidérer son appartenance à l’Europe. Merkel n’a-t-elle pas annoncé il y a quelques jours que l’Allemagne envisageait de créer une zone de libre échange avec l’Asean, la Chine et la Russie. Un aveu qui constitue un appel du pied à l’Europe de « l’Atlantique à l’Oural » et une presque promesse d’infidélité à ses partenaires historiques Américains dont les politiques sont devenues suicidaires et létales pour l’Europe. Une perspective qui doit étonner au plus haut point et courroucer leurs alliés Américains. C’est clairement un autre clou dans le cercueil de l’Union Européenne.

On constate que l’Europe ne fait pas front commun, et ce d’emblée et de façon claire, contre les tentatives grecques de renégocier sa dette. Là encore l’intransigeance de l’Allemagne ne mènera à rien, avec ses diktats inflexibles. Plus pragmatiques, certains pays ouvriront très bientôt la voie à une amorce de solution, évitant la rupture et l’agrandissement d’une faille considérable dans une Europe à l’agonie.

La conséquence du vote Grec redonne l’espoir à un peuple qui a supporté pendant cinq ans une austérité ravageuse dont nous ne rappellerons pas les détails tant ils sont connus. Dans la foulée et avec la Grèce, l’Europe se prend des coups de boutoir importants qui augurent mal de son avenir, un éclatement acté et un retour souhaité aux souverainetés nationales gérées par de vrais élus et plus par des acteurs aux pouvoirs atrophiés, simple relais de petits chefs européens non élus et déconnectés. La Grèce est peut-être en train de faire l’histoire. Et pour nous, Français, touchés par le chômage endémique, et à qui une austérité allant crescendo est promise, le combat des Grecs devrait être un peu le notre.

Algarath

email

1 commentaire

    Laissez un commentaire

     

    La modération des commentaires est activée. Votre commentaire peut prendre un certain temps avant d'apparaître.