Netanyahu récidive

Benjamin NetanyahuLes hommes politiques seraient-ils obtus ? En 1999 le même Benjamin Netanyahu, alors aussi Premier Ministre et craignant pour sa réélection, était venu plaider auprès du Congrès américain pour un appui dans ses négociations avec les Palestiniens, mises à mal par Clinton. Le voyage ne lui avait pas réussi puisqu’il fût battu à l’époque. On verra très bientôt si l’histoire se répète.

Plus de quinze ans plus tard, rebelote. Des centaines d’intellectuels, de journalistes, et de leaders d’opinion lui ont dit en Israël : « Ne divisons pas nos soutiens ». Obsédé par sa conviction que « Le mariage de l’islam et de l’arme nucléaire est le plus grand danger qui menace le monde », il réitère son défi au Président américain. Pendant près de trois quarts d’heure, il a plaidé devant les deux chambres du Congrès, tandis que John Kerry a commencé à discuter aujourd’hui même à Genève. « l’Iran est un problème de sécurité. Mais, pour Israël, c’est un problème de survie. » Un plaidoyer qu’il a décliné devant les représentants pendant que l’administration Obama fumait de colère. La communauté Juive américaine, comptant 5 millions de personnes alors que la population des Juifs Israéliens est de 8 millions, a été divisée entre gêne et consternation. Vouloir forcer la politique de leur allié indispensable et auparavant indéfectible, c’est risqué de leur point de vue. Ça l’est du notre aussi.

Netanyahu, qu’on avait vu à Paris en Janvier, risque sa survie politique dans les jours qui viennent. Même plus de deux cents responsables des services secrets israéliens, le Mossad, l’accusent de mettre en péril la sécurité d’Israël. Et comme le dit leur Général : « les Américains et les Israéliens voient le trouble évident dans les relations des deux pays, ce qui n’échappe pas aux Iraniens ». Pas sûr que Netanyahu, obstiné et obsédé, ait compris le jeu dangereux qu’il mène. Quand on a des alliés, on ne vient pas les défier dans l’enceinte de leur haut lieu politique, ou on déchaine leurs foudres. Voyons comment l’administration Obama fera payer cette agression surprenante de la part d’un débiteur.

Algarath

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