Grèce : par ici la sortie, qui se rapproche

moscoviciS’il y en a un qui n’a pas brillé quand il était ministre en France, c’est Moscovici qui a été recyclé, comme tous les plus nuls, à Bruxelles. Pourtant il faut reconnaître que, en ce qui concerne les Grecs, il a les yeux en face des trous et il montre qu’il peut dire autre chose que des platitudes ou des bêtises. Il vient de déclarer au magazine allemand « Der Spiegel » : « Une sortie de la Grèce de l’UE sera le début de la fin pour l’Europe. Les marchés se demanderont quels pays suivront immédiatement ». On dirait que depuis qu’il n’est plus sous la coupe de Hollande ça lui a remis les idées en place et qu’il sait faire un diagnostic exact. Pas d’enthousiasme excessif à son sujet cependant, l’individu reste semblable à lui même et, s’il servait servilement Bruxelles en étant en France, il le sert encore plus dans ses fonctions actuelles.

Tsipras de son côté, et à raison, a déclaré récemment : « Je ne pense pas qu’il y a un problème grec, il y a un problème européen ». Les technocrates non élus de Bruxelles, servants dévoués de l’idéologie de l’hégémonie et aveugles à la réalité des peuples et de leurs intérêts fondamentaux, ont une position autiste et s’expriment via Donald Tusk, le Polonais président du conseil européen : « La sortie de la Grèce de l’Euro serait un scénario idiot (sic) ». Pas si idiot que ça, Monsieur Tusk. C’est vrai que ça annoncerait un échec énorme pour l’hégémonie des élites globalistes, bardée de ses banquiers véreux et de ses medias, tous accordés pour semer la désinformation sur une grande échelle. D’un côté on manipule, de l’autre on récolte argent et pouvoir, ayant mis les peuples les uns après les autres en coupe réglée. Même un pays qui a un excédent budgétaire ne s’en sort pas à cause du poids de leur dette. La dette, c’est l’instrument utilisé pour soumettre les peuples. C’est l’argument ultime pour détruire leur souveraineté, minimiser leurs votes et ultimement les faire trimer comme des hordes soumises au bon vouloir et aux intérêts supérieurs d’une minorité. Tout cela orchestré par des politiciens vidés de substance, cornaqués par des non-élus qui trônent à Bruxelles et ailleurs.

Évidemment qu’on serait pour l’Europe si ça signifiait une structure souple, laissant libre la totalité de la souveraineté de ses états membres, la liberté de battre monnaie, et surtout organiser des transferts financiers entre les zones les plus riches et les plus pauvres. On a créé une bizarrerie, ni état fédéral, ni confédération. Que ce soit aux Etats-Unis avec leurs états ou en France avec ses régions, les composantes les plus riches compensent financièrement les plus pauvres. Dans l’Europe qu’ils nous ont imposé à coups de tromperie, les pays les plus riches comme l’Allemagne profitent des déséquilibres et ne donnent rien, allant jusqu’à policer le bazar et donner des leçons. L’Europe est un truc pas fini, loin de là, et ils pensent s’en sortir avec les campagnes des medias et les coups de menton des politicards.

Revenons à la Grèce. Tout ce qui est écrit jusqu’ici dans cet article s’applique à la Grèce, et ses efforts désespérés tendent à rétablir un équilibre pour forcer l’Europe à agir sainement. Les résistances qu’on voit ne sont pas des épisodes Grèce / Union Européenne, mais des affrontements entre deux conceptions de l’Europe, une viable et une autre moribonde. En cela, la lutte à mort, n’ayons pas peur de l’appeler ainsi, nous concerne tous au premier chef. Elle concerne aussi les idiots qui n’ont rien compris au film, et qui répètent sans savoir que la Grèce a profité et doit payer. Ceux qui connaissent le dossier savent que tout a été organisé par une banque américaine pour truquer les comptes pour faire entrer les Grecs dans l’euro pour enrichir les oligarques, pas le peuple, et que ces mêmes banquiers ont mené un raid qui a réussi sur le pays pour s’enrichir plus avant et obérer l’avenir des Grecs pour toujours, les condamnant à une austérité sans nom pour payer une dette perpétuelle aux intérêts prohibitifs et léonins.

Enfin, ces idiots ne joueront aucun rôle dans la tragédie qui se joue, et c’est tant mieux. Ils auront l’occasion d’exprimer leurs opinions ignares dans d’autres dossiers, comme l’Ukraine. Non, ce qui va décider du problème, c’est le soutien ou non du peuple grecs aux dirigeants de Syriza, Tsipras et Varoufakis en tête.

Et ceux-ci sont à la manœuvre. Ils opèrent très habilement, marquent des points et sont arrivés à acculer l’Union Européenne qui croyait les avoir acculés. Un possible dénouement va avoir lieu dans les toutes prochaines semaines. Visite de Tsipras le 6 Avril à Moscou, défaut probable de la Grèce envers le FMI le 8 Avril, et donc délai d’un mois après cette date pour la déclarer en défaut. Chaque épisode est scruté et analysé par beaucoup d’autres pays membres dans une situation similaire, qui s’engouffreront dans le tunnel percé par Syriza. Une situation intenable pour l’hégémonie. Bepe Grillo dans son entrevue d’il y a quelques jours a fort bien exprimé la problématique et a fort justement souligné que si Tsipras rompt le lien entre la Banque Européenne et les banques au sujet de la dette grecque, il avait gagné et serait salué pour des générations par les démocrates européens auxquels tous les espoirs de s’affranchir serait de nouveau permis.

Pour les anglophones, je joins son interview en anglais. Il annonce que l’Europe est déjà morte. Ceux qui ne s’en sont pas encore aperçu en fument de la bonne.

Algarath

http://stealthflation.org/2015/04/04/eu-has-already-collapsed-beppe-grillo-to-rt/

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