Grèce : Un mur très hypothétique

flagC’est très facile de parler de la Grèce et de sa sortie possible de l’Europe si on oublie les montants de ses remboursements programmés à ses créditeurs. La vérité émerge quand on regarde les échéances et les chances de les honorer. La Grèce doit rembourser près de 20 milliards d’Euros d’ici la fin de l’année et elle n’a pas d’argent. Même en vendant des actifs, dont 1,5 milliards sont prévus d’être en vente cette année, et même en touchant 5 milliards d’acompte de la Russie pour le pipeline dont la construction débutera bientôt, ce qui se dit dans les journaux, ça ne fait pas le compte. De toute façon il y aura encore 250 milliards que la Grèce doit rembourser.

La situation pourrait résulter rapidement, dans les semaines qui viennent, sur un défaut de paiement et une sortie de l’Euro, soit voulue par les Grecs soit imposée par l’UE, ce que Varoufakis appelle une amputation, rajoutant que « aucun mur ne sauvera la zone Euro d’une amputation de la Grèce ». Il estime, à raison, que « ceux dans l’Union Européenne qui veulent que la Grèce quitte la zone Euro jouent avec le feu », et que « il n’existe pas une clôture pour protéger l’Europe d’un effet domino si la Grèce ou un autre membre quittait ». Ce sont ses paroles ce week-end à la chaîne de télévision espagnole La Sexta. Écoutons le : « Il y en a qui prétendent que le reste de l’Europe est protégé par une barrière et que la Banque Centrale Européenne a les outils pour amputer la Grèce, cautériser la plaie et pour que le reste de la zone aille de l’avant. Je doute fort que ce soit le cas ». Au total, la Grèce partage l’Euro avec 18 autres pays. Une sortie va élever les taux d’intérêt pour tous, rendre les tensions politiques insupportables et déclencher des fuites de capitaux.

Alors, mur ou pas ? Existe-t-il un rempart, une cloison étanche qui protégerait le reste de l’Europe ? Oui, mais bien sûr, c’est l’opinion de l’inénarrable Michel Sapin, socialiste et Ministre des Finances de la France, celui qui s’est planté en continu sur une supposée croissance française et qui nous a annoncé le recul du chômage par le passé. On connaît la réalité. « S’il y a quelque chose de dommageable, c’est pour la Grèce que ça sera sérieux, pas pour les autres pays de la zone Euro, car nous ne sommes plus dans la situation d’il y a 4 ou 5 ans ». Une occasion pour lui de rappeler à Athènes qu’il n’ont d’autre choix que de se plier aux traités et accords signés. C’est beau le rêve de ce socialisme-là. Ça remplace la croissance, garantit l’emploi, et blinde le pays contre les menaces de sortie de sa vassalité européenne. Ça justifie qu’Hollande soit réélu, que ce socialisme déconnecté soit glorifié, lui et ses vaillants ministres éclairés dont on connaît les mérites et les talents.

« La Grèce trouvera un compromis, mais sans compromissions sur son mandat avec le Peuple » dit-on chez Syriza. Alors, mur ou pas mur. Et s’il y en a un, l’amputation de la Grèce de la zone euro laissera-t-elle le reste des membres intouchés et l’Europe indemne, car isolée miraculeusement ? On se plaît à le croire chez les globalistes et les banquiers-rentiers. Alors, qui rêve en couleurs, les Grecs ou les zozos de Bruxelles ? On le saura plus tôt que plus tard, en 2015.

Algarath

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