Valls, la France et la Grèce

VallsFidèle à lui-même, fidèle à la politique de la France ou plutôt son absence de politique et à son alignement de vassale soumise à Bruxelles, Valls vient de déclarer au quotidien portugais Diario Económico que la Grèce doit revoir pour la sixième fois sa copie, car il exige « des réformes profondes », selon son expression coup de menton. Manuel Valls s’aligne parfaitement sur les positions du président de l’Euro Groupe, Jeroen Dijsselbloem.

Manuel Valls attend donc que la Grèce, prise à la gorge par ses besoins de fonds, cède, et présente une nouvelle liste, acceptable à ses yeux, comprenant des réformes du marché du travail, des retraites et des privatisations. La position de la France est une position d’alignement fidèle sur la position allemande alors que la liste actuelle proposée par la Grèce est d’atteindre des objectifs budgétaires compatibles avec les intérêts des créanciers, ce qui résoudrait le problème. En réalité, l’enjeu n’est pas là, il est politique, et personne n’est dupe. C’est d’imposer des mesures inacceptables au regard du programme de Syriza. Il s’agit, selon le Financial Times, de provoquer une scission au sein de Syriza, avec le départ d’une aile gauche qui serait remplacée par une alliance avec le centre-gauche pro-européen.

On comprend pourquoi Manuel Valls veut la capitulation finale et sans conditions du nouveau gouvernement grec qui veut changer la donne en Europe en prouvant qu’il existe une voie en dehors de l’austérité, de la baisse du coût du travail et de la course à la compétitivité coût. La politique de Manuel Valls en France est de faire accepter cette stratégie dans ses moindres détails. Un soutien à Syriza le placerait en porte-à-faux avec sa propre politique et il a donc toutes les raisons d’adopter un alignement à l’identique sur les positions de l’Europe. La seule politique européenne de Paris, c’est d’obtenir des délais sur ses déficits, ce qui l’oblige à réclamer en permanence la magnanimité de la Commission et de Berlin et à s’aplatir. Et qui, évidemment, se paie sur les autres dossiers par des concessions comme sur le traité de libre-échange transatlantique. C’est Angela Merkel qui, une fois de plus, devra décider si elle prend ou non le risque de voir la Grèce quitter l’Europe et l’euro. La France ne l’aidera pas dans son choix, courage fuyons. Le manque de position de la France sur ce dossier, prouve combien le pays est devenu une puissance secondaire en Europe.

On a la politique qu’on mérite, le Président qu’on mérite, avec son Premier Ministre et son gouvernement. On a Valls et Hollande, un gouvernement soumis aux diktats de Bruxelles. On a la promesse d’une austérité renforcée. Le sort qu’on cherche à faire aux Grecs c’est celui qu’on veut nous faire, et que Valls compte bien nous infuser. Le comportement de Valls définit clairement ce qu’on doit attendre de lui. Hollande, de son côté, continue à inaugurer les chrysanthèmes, activité dont il s’acquitte à merveille, et par tous les temps.

Algarath

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