La Grèce c’est rien, regardez Porto Rico

caraibesLes dérives de la dette dans la majeure partie des pays du monde ont permis aux créanciers, les banquiers chercheurs de rente, de mettre en coupe réglée les États et leurs populations. On les croit trop malins pour ignorer qu’un jour tout aurait une fin, mais les doigts crochus ça obscurcit l’esprit. C’est semble t’il le cas en Grèce, tout le monde le sait. La même problématique, arrivée à un stade de crise aigüe, se trouve aussi ailleurs, on le verra sûrement en Espagne, Italie, Portugal, et même chez nous, dans notre chère France. Mais pas seulement. Pour l’heure c’est un petit pays, Porto Rico, qui menace de crever d’étouffement. À cause de quoi ? Ben voyons, à cause de sa dette, pardi !

Le gouvernement Porto Ricain n’a cessé d’augmenter les taxes pour faire face au poids grimpant de la dette. Un défaut de paiement est toutefois impossible pour ce petit pays de 3,6 millions d’habitants, étant donné le statut de Porto Rico. Le New York Times nous apprend dimanche 28 Juin que l’île était dans l’impossibilité de payer ses dettes, s’élevant à près de 72 milliards de dollars.

Il faut donc, selon le Gouverneur, augmenter les taxes. « Il n’y a pas d’autre option. J’aimerais beaucoup disposer d’une option plus facile. Ce n’est pas de la politique, ce sont des mathématiques. » La méthode est d’une admirable simplicité. Je te prête à tort et à travers, les financiers se sucrent comme c’est pas permis, et puis ça y est tu es mon esclave à vie, la tienne, et celle de tes descendants.

Pour corser le tout, et c’est une musique qu’on connaît, l’île et ses créanciers font néanmoins face à un important problème : en tant que « commonwealth » (État libre associé aux États-Unis qui a gardé sa souveraineté), Porto Rico se trouve dans l’impossibilité de faire faillite. Un défaut sur sa dette entraînerait probablement l’île, ses créanciers et ses résidents « dans des limbes financiers, dont ils pourraient, à l’image de la crise de la dette en Grèce, prendre des années à sortir », écrit le NY Times. Ça aussi c’est une litanie qu’on connaît. Y’a pas, faut que tu casques, pépère, comme dirait Belmondo.

Avec 3,6 millions d’habitants, l’île dispose d’une dette par habitant plus importante que n’importe quel État américain. Et les échéances sont très proches. Il fallait bien qu’un jour le problème de la dette souveraine devienne si insoutenable que la Grèce, Porto Rico, et tous les autres pays posent la question du remboursement. L’austérité et les taxes sont la potion à administrer d’un côté, la réduction de dettes et l’étalement seraient les propositions de l’autre, à moins que le défaut massif ne soit la solution radicale à venir. Un avant-goût dimanche prochain à Athènes.

Algarath

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