Le soft power, et plus quand nécessaire, en Grèce et ailleurs

rock.featherSavez vous faire les courses, signer un chèque, aller chercher vos enfants à l’école, payer vos factures, allumer votre poste de télévision et faire un peu la cuisine ? C’est bien, vous connaissez les choses à faire pour la vie de tous les jours. Vous êtes intégrés à la société et armés pour fonctionner. Ceci dit, avez vous conscience d’être sous domination de certains ? Pas de votre patron ou de votre loueur, mais des groupes très puissants qui ont les rênes de votre pays et de votre vie. Pourtant c’est vrai, et à un point que vous n’imaginez pas. Les grincheux, épargnez nous vos commentaires sur les conspirations, être sous domination, ne s’en rendre pas même compte et le nier confine à l’imbécillité élémentaire.

L’Europe n’est pas différente du reste du monde global, où les USA se sont donnés pour mission d’imposer leur ordre souverain, persuadés qu’ils sont les élus et qu’ils sont indispensables, ce qui apparaît aussi avec la doctrine Wolfowitz. Le premier degré de la technique de domination passe par des moyens « soft », si bien que vous êtes abusés, et que vous ne vous en apercevez pas. Pire, vous le niez avec véhémence si quelqu’un essayait de prétendre cela. Pourtant les USA ne tardent pas à montrer les dents si le soft power ne suffit pas. La prochaine étape c’est le changement de régime politique, comme en Irak, en Libye, en Syrie et ailleurs, y compris en Grèce et bien sûr en Russie, après l’avoir fait en Ukraine. Un régime qui collabore avec son suzerain et le tour est joué. La Pax Americana est passée par là, elle peut imposer sa loi au reste des peuples. C’est bon pour l’Amérique, pour le dollar et fatal pour l’épuisement des ressources de la Terre. C’est bon pour les dépenses d’armement et le complexe militaro-industriel. Mortel pour la démocratie, qui est foulée aux pieds et est une blague, victime du théâtre Kabuki où jouent les complices nationaux, politiciens, journalistes et leaders d’opinion.

Bien sûr, quand des pays puissants et nucléarisés s’opposent à cette logique de soft power et de renversement de régime, comme la Russie et la Chine avec les BRICS et la SCO, les choses se gâtent et pourraient même dégénérer en guerre. Les bourgeoisies locales, oligarques elles-mêmes, deviennent ploutocrates et complices des USA y gagnant argent et pouvoir quand ça réussit. Les abandons de souveraineté s’accélèrent. Le changement de régime peut se faire de façon pseudo démocratique ou carrément par coup d’état, plus ou moins sanglant. En Italie en virant Berlusconi qui commençait à se rebeller contre les Américains, en Grèce contre Papandréou qui osait évoquer un référendum, sitôt remplacé par Papademos le larbin. En Russie en 1991, Ieltsine un autre larbin, alcoolique de surcroît, fut bien pratique pour éradiquer le deuxième pôle de puissance mondial et laisser le champ libre aux USA jusqu’en 2012. C’est justement l’avènement irréversible d’un monde multipolaire qui défrise les USA et risque fort de nous mener au conflit mondial. On ne compte plus les régimes qui ont été renversés, avec l’appui de la CIA, et avec des false flags.

Quand le soft ne marche pas, la propagande dans les medias, la pseudo culture, les chantages cachés se mettent à intervenir. Les masques tombent comme on voit actuellement à l’égard de la Grèce de Syriza. Les sourires forcés et cauteleux font place aux yeux sombres, aux mâchoires serrées à mort, aux menaces voilées ou prononcées tout haut et relayées dans les medias, les imbéciles manipulés donnant la résonance à l’infamie. Ce stratagème fonctionne souvent. En humiliant Tsipras et en les traitant d’enfants capricieux on tente de casser la volonté du Peuple Grec, et que ça serve de leçon aux autres pays de l’Euro et Européens qui auraient potentiellement des velléités affichées ou latentes. Peu importe qu’on n’arrive pas à sauver la face, on n’en est plus là, il faut faire plier l’échine à Tsipras, un rétif qui ose s’interposer.

Alors on favorise grandement la panique sur les comptes en banque, le « bank run », dans l’espoir de faire tomber le gouvernement Syriza. On dit : « La crise est incontrôlable, les perspectives d’inflation sans contrôle, il y aura une hausse exponentielle du chômage menant à l’effondrement futur du pays ». On joue sur la peur pour ramener Syriza à la table de négociation et le forcer à passer sous les fourches caudines de la Troïka.

L’affaire évidemment n’est pas aussi simple, elle ne s’arrête pas là. L’issue de cette formidable lutte est encore incertaine, les enjeux sont énormes de chaque côté. Il est clair que les Grecs ont intérêt à faire défaut, et potentiellement à sortir de l’Euro et de l’Europe. Les ploutocrates et maîtres auto-proclamés veulent garder le statu quo, sans même faire la moindre concession ou le moindre effort. Les paris sont ouverts… Bien malins ceux qui peuvent prétendre prédire l’avenir dans les prochains jours.

Ce qui est sûr c’est qu’on cherche à éliminer Syriza. La BCE et le FMI sont complices actifs de l’UE. Je donne quand même les Grecs vainqueurs. Si la Grèce reste dans l’Euro, l’argent des Grecs ne reviendra jamais dans le pays et la Grèce sera euthanasiée, au tapis pour de bon pour les décennies à venir.

Algarath

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