Discours de Georges Mavrikos, secrétaire général de la FSM à la Réunion syndicale internationale sur la pétrochimie

 

25 juin 2015

Chers amis et camarades,

T4GemJJe vous salue avec plaisir à la réunion internationale, organisée par la FNIC en partenariat avec la FSM. C’est la première grande initiative hébergée par la FNIC, depuis qu’elle a intégré la grande famille de classe de la FSM. Il est clair que la réunion est un grand succès.

L’intérêt pour la participation était particulièrement élevé et on vous remercie de votre compréhension parce qu’à partir d’un certain moment on était obligés de réduire le nombre des participants.

La FNIC est une grande organisation avec une action importante pour la défense des droits des travailleurs de l’industrie chimique et sur tous les lieux de travail de ce secteur en France, laquelle est d’ailleurs un pays avec une position très importante sur la pyramide impérialiste.

Chers camarades de la FNIC, on vous souhaite encore une fois depuis cette tribune, avec une grande fierté, la bienvenue dans la famille de la FSM. Votre intégration à la FSM renforce encore le rôle du mouvement syndical de classe en Europe. En Europe, la FSM augmente régulièrement sa force, organise de nouveaux membres avec un caractère combatif et elle a une présence sensible et une parole forte sur tous les sujets intéressant les travailleurs.

En même temps, votre intégration à la FSM donne de la force, de l’espoir et de la perspective à la classe ouvrière de la France, qui renforce son rôle dans le mouvement syndical international. Elle donne également une nouvelle possibilité de renforcer le syndicalisme de lutte en Europe et de se battre contre le réformisme syndical en France, en Europe et dans le monde.

D’ailleurs, cette année pendant laquelle on commémore le 70ème anniversaire de la FSM, le meilleur endroit pour rappeler les liens forts de la FSM avec les travailleurs de la France, qui ont mené, lors des décennies précédentes des luttes importantes à portée mondiale pour les acquis des travailleurs, tels qu’on le connaît aujourd’hui, c’est à Paris, où la FSM a été créée le 3 octobre 1945.

Alors que le réformisme et l’eurocommunisme, au niveau des chefs syndicaux ont essayé de mettre des obstacles insurmontables entre la FSM et les syndicats français, il est évident qu’ils ont échoué. Le besoin d’une lutte commune à caractéristiques internationalistes de classe et de combat contre les monopoles et l’impérialisme, nous a inévitablement rapprochés.

Le sujet dont on discute aujourd’hui est d’une importance particulière. L’industrie de la pétrochimie est une industrie relativement nouvelle, développée notamment après la 2nde guerre mondiale. Les évolutions sur celle-ci concernent la vie de l’ensemble de la population. A partir du fuel et du gaz naturel, les produits pétrochimiques sont indispensables pour un grand ensemble de produits, de l’appareil électrique de la maison jusqu’aux médicaments, la technologie, la construction de bâtiments, l’habillement, l’élastique, le caoutchouc.

On veut souligner, en tant que FSM, trois problèmes principaux concernant ce sujet complexe de l’économie du pétrole, du gaz naturel et des produits pétrochimiques. Sur ces problèmes, on attend d’écouter, avec un grand intérêt, les positions, l’expérience, les questionnements de toutes les délégations. On veut donc se concentrer sur :

Premièrement, le sujet de la concurrence entre les centres impérialistes pour le plus grand contrôle des ressources naturelles pour le compte des grands groupes de monopoles de chaque pays. Cette concurrence est cruelle et barbare et elle ne s’arrête pas, alors que leur domination entraîne des massacres de peuples, des guerres civiles, sous le prétexte de différences raciales, religieuses et nationalistes. Dans ce contexte, on voit l’incitation, le financement et l’entraînement de groupes terroristes, la dégradation et la dépendance des économies des pays qui ont des ressources importantes. C’est le cas de l’ouverture ensanglantée des routes d’énergie en Ukraine, en Libye, au Mali, en Syrie. C’est aussi le cas des concurrences pour les conduites de transport d’énergie et pour la découverte des nouveaux gisements.

Les guerres civiles, locales et régionales deviennent plus fortes et constituent un grand danger pour les peuples.

Le mouvement syndical de classe et la FSM, en continuant leur solidarité internationaliste, ont toujours la tâche de révéler les véritables raisons des guerres et des conflits, d’avoir de positions anti-impérialistes claires et d’exprimer pratiquement la solidarité internationaliste en vue de terminer tout cela.

En même temps, la FSM pense que les ressources naturelles doivent être propriété des peuples et non pas de multinationales.

Deuxièmement, il y a un jeu compliqué sur le prix des produits pétrochimiques. Il s’agit d’un échiquier qui concerne, à un degré élevé, la qualité de vie des travailleurs partout dans le monde. Les prix ne sont pas du tout déterminés, avec le critère de la satisfaction des besoins de la population et de l’amélioration des conditions de vie. Ils ne sont pas au bout du compte déterminés en fonction seulement du jeu de l’offre et de la demande mais d’un ensemble de facteurs relatifs aux concurrences, aux l’embargo et aux exclusions qu’imposent les mécanismes impérialistes. La réduction contrôlée de la production imposée pour manipuler les prix contre le Venezuela l’Iran, et la Russie sont des exemples caractéristiques.

La position de la FSM, telle qu’on l’a exprimée récemment à une réunion internationale de la FSM, au sein des bureaux centraux de l’UE et aux Nations-Unies et dans le cadre de la 104ème réunion internationale de l’OIT c’est que l’embargo, les sanctions et les exclusions, comme ceux contre Cuba, le Venezuela, la Russie, l’Iran et la Syrie, sont d’emblée dirigés contre la vie des travailleurs et des couches populaires et doivent être supprimés.

Nous sommes contre les embargos, les discriminations et les exclusions.

Troisièmement, la FSM s’intéresse notamment comment ces évolutions ont un impact sur les travailleurs dans les secteurs de l’énergie et de la pétrochimie. Dans cette réunion, hébergée dans les meilleures conditions par la FNIC-CGT, des représentants de travailleurs de … différents pays de tous les continents, on va discuter tous ensemble, on va échanger notre expérience, et on va organiser la coordination et notre action commune.

Des évolutions, telles que déterminées par les résultats de la crise capitaliste mondiale, l’augmentation de la pauvreté et la dégradation des conditions de vie des travailleurs, à cause des mesures réactionnaires des gouvernements, de l’UE et du FMI ne peuvent pas rester en dehors de notre discussion. Cette situation a, par exemple, diminué la demande de produits et d’énergie à cause de réductions drastiques du budget familial. L’exploitation des gisements de gaz de schiste aux Etats-Unis a produit la fermeture de raffineries en France, quelque chose qui a envoyé au chômage des milliers de travailleurs.

Des milliers de travailleurs sont chaque année des victimes d’accidents de travail, qui sont très souvent fatals, dans le secteur de l’industrie pétrolière et de raffinerie. Ceci fait de ce travail un des plus dangereux. Dans mon pays, la Grèce, on a eu très récemment à l’entreprise Pétroles grecs (ELPE) un des plus terribles accidents, à cause de l’absence de mesure de sécurité. 4 travailleurs ont perdu leur vie. Presque en même temps, au Sud du Mexique, à la Baie de Campeche, il y a eu un accident dans une industrie pétrolière, qui a coûté la vie à 2 travailleurs. Les politiques des entreprises pétrolières, l’absence de mesures protectrices frappent les travailleurs partout dans le monde.

En même temps, les industries chimiques sont connues parce que les travailleurs, même les travailleurs précaires, souffrent de maladies au travail, comme l’asthme, des différents types de cancer, ou d’autres maladies, à cause des conditions de travail dans ces industries-là. La plupart de ces maladies et de ces problèmes de santé auraient pu être prévenus, si les mesures nécessaires à la protection de la santé avaient été prises.

S’agissant des industries du caoutchouc, on doit souligner, à part les maladies au travail, qui sont bien connues, les politiques barbares et inhumaines des grandes entreprises multinationales. Vu que le caoutchouc vient de plantations en Afrique, en Asie, en Amérique latine, les multinationales ont un passé très chargé sur l’esclavage, l’exploitation, la provocation de guerres civiles, sur d’autres crimes incroyables contre les peuples de ces régions. Jusqu’à nos jours, les multinationales du caoutchouc essaient de contrôler les gouvernements de pays, elles essaient d’être un vrai Etat au sein de l’Etat, jusqu’à ce que même le travail enfantin leur soit permis.

Le rapport du magasin américain First Word Pharma est caractéristique, puisqu’il mentionne que, entre 2008 et 2013, les 11 plus grandes entreprises pharmaceutiques ont réalisé 143.000 licenciements. Parmi celles-ci, on peut retrouver Astra, avec 27.733 licenciements, Merck, avec 46.140 licenciements, Pfizer, avec 16.517 licenciements et Glaxo avec 9.000 licenciements.

Autrement dit, au 21ème siècle, les profits du capital sont énormes et les ouvriers n’ont pas de travail. Au 21ème siècle, les matières premières sont abondantes et les ouvriers vivent dans le froid et la famine. Au 21ème siècle, les peuples n’ont rien l’un contre l’autre, mais des nouvelles guerres éclatent. La FSM et le mouvement syndical de classe sont contre ce paroxysme, qui s’explique néanmoins très naturellement par les lois de l’économie capitaliste. La FSM et le mouvement syndical de classe adressent à toutes les forces syndicales un très grand appel de combat anti-impérialiste et internationaliste commun, indépendamment de différences idéologiques, religieuses et raciales, pour la protection et la revendication de droits pour les travailleurs.

DE QUEL SYNDICAT ET DE QUELS LEADERS SYNDICAUX LE MOUVEMENT SYNDICAL A-T-IL BESOIN AUJOURD’HUI ?

Dans ce cadre et ces conditions très compliquées la question de syndicats et de quels leaders syndicaux la classe ouvrière a besoin aujourd’hui demeure une question fondamentale d’actualité.

On voit des syndicats aux niveaux national, sectoriel et international, qui sont compromis et bureaucratiques, qui sont des collaborateurs des gouvernements et des multinationales, du FMI et des impérialistes.

On voit par exemple que l’ITUC soutient les guerres impérialistes en Irak, en Libye, en Syrie, au Liban. Elle soutient la politique des gouvernements d’Israël contre l’héroïque peuple de Palestine et les diffamations impérialistes contre le Venezuela. Quel genre de syndicat peut être un syndicat, lorsqu’il collabore avec l’OTAN et lorsqu’il soutient les interventions impérialistes ?

On voit que des syndicats sectoriels sont loin de la base, loin des gens simples et qu’ils ne respectent pas la collectivité et les procédures démocratiques.

On voit des syndicalistes bureaucrates, carriéristes et corrompus, qui vivent comme des capitalistes, au détriment des travailleurs.

Tous ces phénomènes négatifs poussent les travailleurs simples et honnêtes loin des syndicats. Tous ces phénomènes négatifs n’aident pas les syndicats à avoir des contacts avec la nouvelle génération, les chômeurs, les réfugiés politiques, les immigrés.

On a la tâche très importante de résister contre ces phénomènes. On doit se battre contre la corruption, la collaboration de classe, le réformisme et le désarmement des syndicats.

En tant que FSM, on vous appelle à faire ensemble la guerre contre le réformisme, à unir les travailleurs sur la base de leurs intérêts de classe, à réorganiser le mouvement syndical de lutte. On doit unir les travailleurs, les jeunes, les femmes qui travaillent, les immigrés et les réfugiés dans le combat commun pour l’amélioration de nos droits de travail, de nos droits salariaux et de nos droits à la Sécurité sociale. On doit unir les gens simples contre la barbarie capitaliste.

En tant que FSM on se bat contre la privatisation des secteurs stratégiques de l’économie de chaque pays, pour un système et un réseau public de production et de distribution d’énergie pour des services pas chers et accessibles pour toute la population, pour des règles réduisant l’utilisation de substances chimiques dangereuses et carcinogènes. En même temps, on se bat pour le respect des négociations collectives et des droits sociaux et de travail des travailleurs du secteur. On se bat contre la désorganisation des conditions de travail, le travail en intérim, l’augmentation de l’âge limite pour la retraite, l’intensification des rythmes de travail. On se bat pour avoir des mesures modernes d’hygiène et de sécurité sur les lieux de travail.

On renforce la solidarité internationaliste, la coordination, la pression que le mouvement syndical peut exercer sur les monopoles sur des questions concernant les besoins modernes des travailleurs. On renforce la coalition avec les autres couches populaires qui sent victimes de la même politique, avec les paysans pauvres, avec les travailleurs indépendants, en vue d’ouvrir le chemin pour l’accumulation de forces qui vont imposer un monde sans exploitation capitaliste et sans barbarie impérialiste, qui vont mettre en place une société qui pourra donner des solutions substantielles et de long terme à tous ces problèmes complexes et cruciaux.

On continue donc notre combat à partir de meilleures positions, grâce à notre expérience accumulée après 70 ans d’histoire. Avec plus d’internationalisme, plus de grands combats, plus de détermination.

Chers camarades, on rend hommage aux luttes du passé en organisant des luttes plus fortes pour l’avenir, en vue de donner aux générations à venir un mouvement syndical moderne, démocratique, internationaliste et de classe.

Je vous remercie.

email

Laissez un commentaire

 

La modération des commentaires est activée. Votre commentaire peut prendre un certain temps avant d'apparaître.