Europe : On efface tout, on recommence

billets-euro-Nous y voilà ! Devant l’évident constat que le projet européen ne valait pas tripette bien qu’il existe depuis des décennies, et devant les très fortes critiques acerbes et justifiées qui s’exercent à son encontre et de plus en plus, ce qui commence à chauffer sec pour ses abatis, la réplique des ploutocrates européistes ne s’est pas faite attendre. Y’a qu’à le refondre de bout en bout. On va recommencer un nouveau projet européen, cette fois-ci avec un gouvernement commun. Ben voyons, on en veut tellement que s’il échoue encore une fois, on le fera encore et encore jusqu’à ce qu’il s’impose.

Voilà la parade des ploutocrates, qui constatent une montée rapide et importante des souverainistes en Europe, et qui craignent que certains pays finissent par sortir de la zone. Présenter un projet remanié de bout en bout, et qui permet une mainmise très serrée d’un gouvernement européen à venir, voilà la nouvelle doxa qui sera relayée sur les plateaux, les écrans, dans les medias et les groupes de réflexion, défendue par les « leaders d’opinion » à la FOG, BHL, Attali, etc. L’attaque ultime venant des politiciens, même au plus haut niveau. On a remarqué que des politiciens qui avaient défendu le projet européen crachaient maintenant dans la soupe. On l’a vu à plusieurs reprises avec Karine Berger, pour ne citer qu’elle, mais la liste est longue. Ce revirement, a priori incompréhensible, s’explique parfaitement par la substitution proposée qu’ils ont en tête.

Devinez qui a éventé l’idée, qui clame haut et fort ses contours ? Un politicien de droite ? Sarkozy, de qui on pourrait attendre une telle proposition ? Non ! C’est Hollande qui se fait le héraut de la nouvelle Europe à inventer. On avait constaté qu’il s’inscrit déjà docilement dans une gouvernance qui échappe à la Nation, et qu’il ne défend pas la moindre notion de souveraineté de la France, mais là il se dévoile franco, net et sans détours. On notera au passage l’estocade de Franz-Olivier Gisbert il y a quelques jours dans Le Point. On le cite : « Le souverainisme est une maladie qui rend sourd et aveugle au monde. Ses tenants, qui se recrutent aux deux extrêmes mais aussi dans les partis traditionnels, se sont fabriqués un petit univers virtuel sur fond de diabolisation du « néolibéralisme » et de son prétendu fourrier, l’Allemagne ».

Il est clair que l’idée de la souveraineté de la France va être attaquée sur tous les fronts et avec force, la guerre est déclarée, la campagne en est à ses tout débuts. Mais revenons à Hollande, ça vaut son pesant de cacahuètes. C’est encore dans « Le Point », ben voyons ! Il ressort l’inénarrable Delors. Il (Hollande) « souhaite un gouvernement de l’Euro Zone ». Citons-le : « J’ai proposé de reprendre l’idée de Jacques Delors du gouvernement et d’y ajouter un budget spécifique ainsi qu’un Parlement. »

« La France est prête à participer à une organisation renforcée de la zone euro et à constituer avec les pays qui en décideront, une avant-garde », affirme le président français François Hollande dans une tribune publiée par l’hebdomadaire Le Journal du dimanche. « Mais nous ne pouvons en rester là. J’ai proposé de reprendre l’idée de Jacques Delors du gouvernement de la zone euro et d’y ajouter un budget spécifique ainsi qu’un Parlement pour en assurer le contrôle démocratique », ajoute le chef de l’État. « Partager une monnaie, c’est bien plus que vouloir une convergence. C’est un choix que 19 pays ont fait parce que c’était leur intérêt. Nul gouvernement d’ailleurs depuis quinze ans n’a pris la responsabilité d’en sortir », poursuit François Hollande. « Ce choix appelle une organisation renforcée et avec les pays qui en décideront, une avant-garde. La France y est prête parce que, comme Jacques Delors nous l’a montré, elle se grandit toujours quand elle est à l’initiative de l’Europe », estime-t-il.

Interrogé dans le même numéro de l’hebdomadaire, Jacques Delors lui-même juge que le système actuel de l’Union européenne et de la zone euro « n’est plus gouvernable ». « Cela ne peut plus durer. Il faut refonder cette Union économique et monétaire. Vont-ils le faire ? Il y a eu un vice de construction au départ. Il y a eu aussi des bêtises et une incapacité de l’Euro Zone à y mettre fin », analyse M. Delors. Selon lui, « dans la situation actuelle, on a évité le pire. Mais l’Europe n’est pas une puissance morale, je dis morale au bon sens du terme. Il faut reconstituer cette puissance morale qui a fait la force de l’Europe en d’autres périodes, comme au moment de la chute du mur de Berlin. »

Il est clair et limpide que les européistes sortent maintenant de leur tiroir un nouveau projet européen qui sera totalement remanié. Encore plus d’Europe, abandon déclaré de la souveraineté des pays. Les européistes ont compris que l’Europe actuelle ne marche pas. Ils savent qu’elle ne fera pas le poids contre ceux qui veulent faire sortir leur pays de cette arnaque, de ce traquenard. Que ce serait un combat perdu pour eux entre cette Europe-là actuelle et la mort de d’Europe. Alors ils ont inventé la parade. Ce sera l’affrontement entre la mort de d’Europe et une Europe remaniée. Leur réponse à l’échec de l’Europe, c’est encore plus d’Europe.

On passe maintenant clairement à une nouvelle étape. J’ai dit depuis plusieurs années que quand l’aventure européenne serait sur le point de sombrer pour cause d’inutilité et de nocivité prouvée, les européistes militeraient pour un nouveau projet, dont ils prétendraient qu’il réussirait celui-là. Nous y voilà !

Reste le Peuple, les votes. Seule parade efficace, aboutissement ultime de la démocratie et plate-forme de la volonté populaire initiée dans les blogs et sur les Réseaux.

Algarath

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3 commentaires

  1. Charpentier dit :

    Anecdote : avant le référendum sur le traité de Maastricht, Delors ne cassait de clamer que s’il n’était pas voté ce serait l’explosion du chômage.

    Depuis, le chômage à plus qu’explosé et on a plus entendu Delors.

    Ce qui suffirait à le décrédibiliser s’il en était encore besoin.

    Delors et consorts ( dont Lamassoure vieille grenouille du marigot fédéraliste eurocrate ) sont les faux nez de la ploutocratie sans frontières.

  2. keg dit :

    L’Europe ne sera viable qu’e dans la mesure où elle s’efface complétement et qu’elle accepte sa quarantaine, nécessaire. Ce n’est que sans son démembrement actuel et son renouveau dans 40 ans que l’on pourra enfin croire à l’Europe des Peuples (et non plus des gouvernants). Reconstruire sur du bancal est voué à un nouvel échec.
    Un qui le sait bien, c’est Fillon. Il postule, en sachant et annonçant – http://wp.me/p4Im0Q-1nR – qu’il ne fera rien ‘excepté ce qui le servira, personnellement)

    http://wp.me/p4Im0Q-1os

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