Grèce : Que penser de tout ça ?

alexis-tsipras-570-1On a tous tellement écrit avant la reddition de Tsipras, on a tous tellement lu sur le combat à mort avec la Troïka, et aussi espéré, que ne rien dire maintenant serait comme si nous nous résignions nous aussi. Ce serait accepter une double défaite car à la débandade de Syriza s’ajouterait notre propre déception, pour ne pas dire une certaine forme de désespoir. On connaît la formule : Une défaite dans une bataille n’est pas la guerre perdue, aussi plus que jamais faut-il résister. Encore faut il nous interroger sur ce qui c’est passé.

Il nous avait semblé que la fronde et la résistance de Tsipras étaient inébranlables, que sa détermination était sans faille. Les tous derniers jours pourtant ont été comme un cauchemar qui prenait la place d’un immense espoir et n’en laissait plus rien ; tout a été si vite, si brutal. Bien sûr, on doit se demander pourquoi Tsipras a radicalement cédé en un temps record, alors que le Peuple Grec venait de lui confirmer son refus des dures conditions proposées.

A t’il été menacé ? A t’il tout simplement déroulé le plan tel qu’il était prévu dès le début et il serait alors un traître ayant manœuvré tout du long ? A t’il craqué au final car son bluff lui a pété au nez ? Difficile de le dire avec certitude.

Tsipras était comme un champion des temps anciens, à l’armure étincelante, au fougueux coursier, affrontant au champ d’honneur le mal, portant les couleurs du Peuple Grec mais aussi, on ne le dira jamais assez ni assez fort, nos propres couleurs. Celles de la démocratie universelle, des souverainetés, de la valeur sacrée des votes. Tsipras se battait pour nous par procuration, avec notre foulard au bout de sa lance, noué près de celui de la Grèce, entrelacés dans la lutte formidable pour une destinée commune. Une épopée digne des meilleures histoires de cape et d’épée. Il portait nos espoirs.

Quel viol est-il aussi brutal que tromper le vote du Peuple lors du référendum ? C’est ce qui a été fait. Cela est impardonnable. Autant on pourrait comprendre d’une certaine façon le désir impérieux de Tsipras d’épargner le Peuple Grec pour les mois à venir, autant sa trahison du référendum, qui inflige à la Grèce des décennies d’austérité infernale, ne peut trouver la grâce de l’excuse à nos yeux. Je gage que l’Histoire sera féroce avec lui.

Varoufakis, lui, était de nature à gagner, et c’est bien sûr pour ça que ceux d’en face l’ont ostracisés, ridiculisés. Même son chef l’avait étiqueté bon économiste mais piètre politique. Éliminé des deux côtés, lui le seul qui portait la solution. Lorsque Tsipras l’a éloigné pour faire beau dans sa négociation, ce Premier Ministre là avait en tête sa félonie à venir en présentant une équipe diminuée, déjà domptée, déjà battue. Honte à lui ! Le temps qui vient et qui sera long et douloureux, surtout pour les petites gens en Grèce, ne fera pas passer cette pilule amère. Pas de désespoir certes, on le redit, mais une immense déception, une frustration indélébile rendue plus douloureuse encore par le triomphalisme de Bruxelles à qui il a suffit de casser Tsipras, brisé par on ne sait trop quoi. Son stratagème a fait pschitt, à moins que c’était justement ça qu’il visait. Le saura t’on un jour ? Une incompréhension gigantesque nous envahit. Sonnés, groggys, sous le choc, en proportion de l’immense vague d’espoir qui avait était suscitée. Le petit Peuple Grec a été vendu, rien de moins.

Algarath

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