Jacques Attali veut sauver l’Euro

euroL’auriez vous cru, Jacques Attali signe un billet pour nous indiquer la marche à suivre pour sauver l’Euro, « agir vite pour sauver l’Euro ». Car, voyez vous, il s’agit bien évidemment de sauver l’Euro, la sempiternelle injonction de ceux qui en ont intérêt, lire l’oligarchie mondialiste au service de laquelle il convient de dire que Jacques Attali se trouve de façon obséquieuse et avec, disons-le, talent. Car l’individu est remarquablement intelligent, ce qui ne constitue pas un jugement définitif sur sa personne ou son action.

Selon lui, et on en sera d’accord, « La zone euro vit aujourd’hui le paroxysme d’une crise qui peut être mortelle ». On partage son point de vue à 100%. Ça chauffe dur pour l’Euro, l’Europe, les oligarques mondialistes et les Jacques Attali de tous bords.

Si on n’agit pas avec célérité, les pauvres Grecs « se soumettraient à une puissance étrangère ». Heureusement qu’aujourd’hui ils ne sont soumis ni au FMI, à la BCE, à Bruxelles, à l’Allemagne, à Schaüble, à Merkel, et aux US. Avec leurs réserves de pétrole de gaz et d’or, et un affranchissement de leur dette scélérate, les Grecs pourraient commencer à entrevoir l’avenir sous un jour nouveau. Pas pour Attali qui met en garde, c’est gros comme ficelle, contre ‘influence des BRICS, de la Chine et la Russie. Les vilains !

Là où on est forcés de le suivre c’est quand il dit que « Le Grexit serait aussi une catastrophe pour nous ». Tu parles, Charles, ce serait dévastateur. Écoutons le portrait qu’il en fait : «  D’abord parce que nous subirions des pertes directes et indirectes, bien supérieures aux 40 mds annoncées par tout. Ensuite parce que cela démontrerait à tous que l’euro n’est pas irréversible, qu’un pays peut en sortir ; le jeu des marchés financiers serait alors de deviner quelle serait la prochaine cible et de l’attaquer: le Portugal? L’Espagne? L’Italie? La France? Tous, sans doute, l’un après l’autre. Le coût pour nous de la simple éventualité d’une telle catastrophe serait énorme: hausse des taux d’intérêt, récession, déficit public croissant ; de terribles économies s’imposeraient ». Eh oui, mais ça mon cher, il fallait y penser avant, avant que de créer cette monstruosité qu’est l’Europe et l’Euro. Avant que d’exiger de l’Austérité mortifère de la part d’Athènes et des autres.

Voici les propositions de Jacques Attali, cet esprit brillant, mais très orienté :

« Ils doivent, ensemble (troïka), proposer un programme complet, en quatre parties :
1. Sur les enjeux de court terme, les positions de la Grèce et des autres Européens ne sont pas si éloignées. Un accord est rapidement possible. Sans doute faudra-t-il faire, de part et d’autre, une ou deux concessions techniques sur le niveau de la tva applicables aux iles ou sur la date du début de la réduction de la subvention aux petites retraites.
2. Sur les enjeux du long terme, il faut immédiatement annoncer, ce qu’on aurait dû faire depuis longtemps, qu’on renégociera la dette publique grecque, en en modifiant la maturité et en lui apportant, dans les trois prochaines années les 40 mds nécessaires au remboursement de ses échéances, financés par un prêt octroyé par le MES, ce nouvel instrument intergouvernemental, jamais encore utilisé, et qui dispose de 500 mds d’euros.
3. Il faudra utiliser ces ressources, de court et de long terme, non pour une énième distribution de subsides à fonds perdus mais pour enfin s’attaquer à l’essentiel, qui est la constitution d’un Etat grec, avec un cadastre, une police, une justice, une administration digne de ce nom. Comme on l’a fait avec succès en Europe de l’Est.
4. Enfin, simultanément, pour éviter qu’une telle crise n’éclate ailleurs, il faut organiser le 3eme étage de la gouvernance de la zone euro : après la monnaie unique et l’union bancaire, l’union fiscale et budgétaire dont le MES peut constituer un habile embryon, permettant d’y parvenir sans se lancer dans un hasardeux marathon référendaire à travers le continent.

C’est clair que ces propositions feraient une vraie Europe, allez obtenir l’accord des Allemands et bonne chance. Leur demander de financer avec leur excédent les transferts énormes (au moins 250 milliards d’Euros annuels) vers les pays les plus pauvres de cette nouvelle Europe. Il rêve Monsieur Attali. Bonnes idées, totalement impraticables et exclues politiquement, impossible à vendre à un électorat.

« La mise en œuvre d’un tel programme prendra du temps. Le monde nous regarde, et attend de nous une capacité à donner un sens à la construction européenne ». Quel est le sens de construire une Europe, alors que tout s’y oppose. On a vu que la chance qui a été donnée depuis 20 ans s’enlise dans une construction de non-élus édictant des diktats sans queue ni tête, au service de leurs maîtres oligarques et ploutocrates globalistes, au service duquel Attali officie.

Bref, Attali ne convainc personne, il énonce son prêchi prêcha en déphasage complet avec les intérêts des Peuples. Au panier !

Algarath

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1 commentaire

  1. Galilée007 dit :

    L’Europe sera fédérale ou ne sera pas, toutes les sciences de l’Homme – anthropologie, éthologie, psychologie comportementale neurobiologie, neurosciences – convergent depuis deux décennies pour conclure en neuro-économie qu’Homo Sapiens n’est pas un Homo oeconomicus et que c’est l’apparition du langage articulé qui lui assure sa pérennité. En effet, ce qui sous-tend le langage est sa fonction foncièrement sociale qui lui confère une dimension altruiste nécessaire à sa survie qui fait synergie avec son esprit de compétition. En clair, les entreprises ou une société qui comportent un grand nombre d’éléments altruistes l’emportent en terme d’efficacité sur celles constitués d’élément égoïstes. La théorie des jeux et le dilemme du prisonnier illustre ce résultat, deux partenaires dans la vie sont soupçonnés d’un crime, les policiers tentent de convaincre chacun d’entre eux de dénoncer l’autre en échange de l’assurance d’une indulgence à leur égard ; la stratégie du loup et de l’agneau – chacun sa m… (”rationnelle”) conduit les deux à se dénoncer mutuellement, le résultat se traduisant par une condamnation maximum pour les deux. Si les deux avaient répondu à la chimie de l’esprit de concertation et de l’attachement qui caractérisent leur humanité, ils auraient nié tous deux et s’en seraient sortis avec un non-lieu. Une autre situation illustre le fait que les règles qui s’appliquent à l’ensemble permettent de survivre, lorsque celles des individus constitutifs du Tout les conduit à disparaître. Dans un cinéma en feu, les individus rationnels (i.e. en compétition pure) se dirigent tous vers les issues de secours en même temps, ce qui fait de nombreuses victimes piétinées par les autres ; lorsque les individus suivent des règles bonnes pour la collectivité, ils suivent les consignes des gens de salle et s’en sortent tous sans mal.
    Nous sommes génétiquement programmés non pas pour la compétition individualiste mais pour mieux réussir lorsque l’altruisme chasse la ”mauvaise” concurrence au profit de la ”bonne” concurrence (raison pour laquelle le langage articulé est venu se substituer avantageusement à nos moyens de défense physique).
    L’Europe suivra nécessairement progressivement, à tâtons, et à un moment ou à un autre une stratégie équitable.
    Lorsque les hommes sont sur le point de disparaître, leur programme naturel les rend instinctivement solidaires après s’être déchirés. Aujourd’hui, on a la science pour éviter d’en arriver là, il suffit juste de laisser un peu de côté la politique pour savoir qui nous sommes. Le postulat des néoclassiques selon lequel la somme des égoïsmes individuels optimise les résultats pour le Tout ne repose sur aucune science, d’ici une génération, la neuroéconomie renverra cette doctrine à la préhistoire de l’économie.
    Quand aux nationalismes, n’en parlons même pas.

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