On a peur de découvrir ce qu’est Tsipras en réalité

tsiprasOn avait déjà donné dans la désillusion et la trahison sans complexes avec Normal 1er, quand il nous assurait pour être élu : « Mon ennemi c’est la finance », qui s’était soldé dans les heures qui suivirent par une volte-face éhontée, un mensonge prémédité lancé à la face des Français sur tous les medias, et qui n’a pas complexé le moins du monde celui qui avait ainsi menti. Cet épisode prouvait une fois encore que les Français sont des veaux et des crédules étourdis, comme le démontre le manque de réactions qui s’en est suivi, et qui a dû bien faire rire Hollande et ses sponsors.

Pire ! Bien pire, la trahison de Tsipras, qui nous fait s’interroger sur cet individu, mais pas vraiment car on croit l’avoir percé à nu. Il a volontairement sabordé l’occasion historique de quitter la zone euro et de tenter d’échapper aux mâchoires de l’étau bancaire qui, depuis cinq ans, étreint le Peuple Grec. Dans un plan machiavélique de fourberie, Alexis Tsipras avait demandé la démission de Yanis Varoufakis, ministre de l’économie ostracisé par les propagandes européistes comme franc-tireur jusqu’au-boutiste, mal élevé, fort en gueule, manquant à tous les codes relationnels et nourrissant le projet de faire tomber une oligarchie grecque et ses privilèges démesurés.

Il l’avait remplacé le jour même et sans complexes par Euclide Tsakalotos, un millionnaire qui doit sa fortune à des placements fructifiés auprès de la plus grosse banque de Wall Street, J.P. Morgan, et du plus important fonds d’investissement du monde, BlackRock. Sachant que ça lançait un message clair aux créanciers qu’il était prêt à se soumettre corps et âme, et à trahir la confiance des Grecs en faisant s’asseoir à la table de discussions un des leurs, somme toute. Ce signe d’allégeance avait déjà scellé sa trahison si tant est qu’elle n’était pas planifiée depuis le début. Il ne restait plus qu’à l’acter.

Ensuite, dans une mise en scène pitoyable, après avoir présenté d’incroyables excuses aux marxistes du monde entier, selon son expression, il congédiait sans vergogne cinq ministres qui s’opposaient aux lois dictées par la l’oligarchie bancaire et la ploutocratie globaliste, et votées par son parlement afin de perpétuer la politique du « oui » à deux semaines d’un référendum qui avait dit « non » à l’austérité. Aujourd’hui, Tsipras n’incarne plus rien, et encore moins la possibilité de sortir d’un marasme noir dans lequel on a ensevelis les Grecs pour sauver les banques françaises et allemandes d’un défaut, ce qui aurait entraîné leur effondrement. Syriza est en lambeau, la Grèce l’est tout autant.

Jeune politicien idéaliste devant qui les portes se sont ouvertes et qui a pris goût au pouvoir, faux ami du peuple, loup qui s’est déguisé en agneau pour prendre le pouvoir et sauver, tout en faisant mine de le défier, le règne d’une finance prédatrice qu’il n’a jamais voulu abattre. Pendant la campagne qui le mènera au pouvoir, il promet à ses électeurs qu’il n’hésitera pas à entamer un bras de fer avec Angela Merkel, tout comme Hollande qui nous avait promis la même chose, souvenez-vous.

Pour la Grèce, Tsipras n’a rien obtenu mais lui a gagné quelque chose, sa consécration à la Tony Blair, devenu milliardaire, ou les Clinton ou, on l’a appris récemment, Ouattara. Il a beau ne pas mettre de cravate et y voir la marque d’une rébellion contre l’establishment financier et nous donner cette illusion trompeuse, il est rentré dans le rang. En trahissant la cause qu’il prétendait servir, il est devenu acceptable aux yeux de la finance, il va continuer de trahir les pauvres et les classes moyennes, son Peuple supposé, et acceptera de collaborer jusqu’au bout au processus de démantèlement de l’Etat Grec.

La trahison est inscrite dans les gènes de ceux qui veulent obtenir le pouvoir en jouant les révolutionnaires et en promettant qu’avec eux ce qu’ils n’ont jamais, au grand jamais, voulu tenir en réalité. Jeu subtil, immonde. Tsipras est entré dans la sphère très privée du pouvoir, côtoie maintenant les grands et a gagné l’amitié, ou l’oreille, des financiers qu’il fait semblant de dénoncer devant les micros de la presse, brouillant les pistes pour les crédules, les gogos, les trahis. Je vois aujourd’hui en lui, et nous sommes légion, un individu cynique et profiteur, menteur jusqu’au bout des ongles et capable de demander pardon avec une grimace sincère à ceux qui ont, sans le vouloir, servi son ascension ? Sa carrière en haut lieu est assurée. Au prix de la trahison du Peuple Grec. Trahi par ses oligarques, trahi par Goldman Sachs et les banquiers de Wall Street, trahi par les Européens voulant protéger leurs banques, par Sarkozy, Merkel, Hollande, et maintenant trahi par un de ceux qui se prétendait leur meilleur atout, leur « défenseur ».

On comprend qu’un ennemi joue contre vous, mais ont est écoeuré de se voir trahi par le chef de notre propre camp qui, lui, ne voit que sa carrière et la poursuit sur l’ascenseur fourni par notre confiance en lui et généreusement offert par notre espérance. La trahison est complète, méprisable, et ravale Tsipras à un rôle de Judas sans honneur et capable des pires bassesses. C’est ce que l’histoire, à n’en pas douter, retiendra, la Grèce des prochaines décennies devra payer pour avoir mené au pouvoir un traître à leurs intérêts, camouflé, déguisé, sous un habit pour mieux se grimer et le tromper. Une redite sur une beaucoup plus grande échelle d’Édouard Martin, triste victoire pour cet arriviste passé du syndicalisme militant à un fauteuil confortable du camp d’en face. Hollande, Tsipras, Martin, un point commun, le mensonge, avec un intérêt personnel servi par la trahison de ceux qui ont cru en eux, et un ego ravageur sans aucune considération pour l’intérêt commun. Oui, Tsipras est un triste sire.

Algarath

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1 commentaire

  1. Jacques dit :

    Cet Alexis actuel a-t-il ou non été placé aux manettes par le suffrage universel ?

    Alexis de Tocqueville avouait au début du XIX e siècle :  » Je ne crains pas le suffrage universel : les gens voteront comme on leur dira. »

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